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Adoption des sinogrammes pour les options courtes des programmes GNU

Linux France - Dimanche 1 Avril

C'est une petite révolution du côté des coreutils, des built-ins bash et de tous ces petits programmes du projet GNU qu'on utilise sans même y penser : ceux-ci voient arriver un changement majeur à leur syntaxe, qui va consister à utiliser des sinogrammes (caractères chinois) pour remplacer les options courtes, c'est-à-dire les options qui étaient jusqu'à aujourd'hui composées d'un tiret et d'une seule lettre de l'alphabet latin. Cette évolution est motivée par la pénurie de plus en plus pressante de lettres pour les options de certaines commandes, au développement desquelles elle devrait donner un nouveau souffle.

Interrogé lors d'une récente conférence à Paris, Richard Stallman lui-même a déclaré : « J'approuve ce changement car ces programmes seront toujours distribués sous la licence publique générale GNU, version 3 ».

Tous les détails dans la suite de la dépêche.

Le monde change mais les commandes shell restent les mêmes : c'est à la prestigieuse conférence pluridisciplinaire BAHFest London qu'a été dressé ce constat pour le moins amer. Et de pointer du doigt un coupable inattendu : l'alphabet.

La communauté du libre ne manque pas de créativité, y compris dans le domaine des programmes en ligne de commande ; en témoigne l'existence d'alternatives modernes à de nombreuses commandes historiques, comme celles mentionnés dans une dépêche récente. Mais celles-ci peinent à trouver leur place, en raison bien sûr de leur nom différent. C'est donc aux programmes existants d'évoluer, autrement dit aux projets GNU eux-même. Mais à quoi bon l'ajout de nouvelles fonctionnalités si l'on ne peut y accéder ? De nouvelles fonctionnalités demandent de nouvelles options, et des options courtes, bien sûr, pour les développeurs pressés que nous sommes. C'est là que le bât blesse : les commandes sont à court d'options courtes.

Voici l'utilisation des lettres de l'alphabet dans les options courtes de quelques commandes courantes (l'utilisation plus rare des chiffres est donnée à titre indicatif). On voit que plusieurs commandes utilisent presque toutes les lettres minuscules disponibles, et une bonne partie des lettres majuscules.

De plus, comme pour les adresses IPv4, la pénurie des options courtes pour une commande se fait sentir bien avant l'épuisement total de l'alphabet, le besoin de signification intuitive empêchant a priori d'utiliser n'importe quelle lettre pour n'importe quelle fonction. À l'instar du Protocole Internet, la solution au problème des options courtes est donc claire : augmenter drastiquement le nombre de valeurs possible, tout en restreignant ces valeurs aux caractères uniques. Les sinogrammes répondent parfaitement à ce cahier des charges, et sont, comme nous allons le voir, tout à fait pertinents pour répondre au besoin de signification intuitive des options.

Les plus perspicaces feront remarquer que les commandes shell impliquent généralement des notions techniques, qui n'ont pas de sinogrammes dédiés mais se traduisent en mandarin par des mots de plusieurs sinogrammes, en contradiction avec la notion d'option courte. Pour cette raison, utiliser les sinogrammes dans leur sens littéral n'est pas une solution acceptable. Au lieu de cela, la signification des sinogrammes utilisés sera réinventée à partir de leurs éléments de base dans le contexte du shell.

Voici par exemple 3 sinogrammes qui apparaissent comme composants dans de nombreux autres, et l'interprétation qui en sera faite dans le shell :

Caractère Signification en chinois Signification dans le shell 人 (rén) Personne, être humain Utilisateur, humain 口 (kǒu) Bouche, ouverture Sortie d'un programme 木 (mù) Arbre Arborescence, données structurées

Ces éléments de base seront ensuite composés pour définir des options telles que :

Option En chinois Effet de l'option -㕥 (shēn ou yǐ) (bouche + personne) Gémir ou Pour, ainsi Sortie plus lisible pour un humain (comme -h pour certaines commandes) -呆 (dāi) (bouche + arbre) Stupide Sortie JSON ou XML (selon une variable d'environnement par exemple) -保 (bǎo) (personne + bouche + arbre) Protéger Sortie HTML

Ce changement concernera au début les coreutils et les commandes intégrées à bash, puis sera étendu à tous les projets GNU, et on peut espérer que d'autres projets tels que zsh se mettront rapidement à la page (un plugin oh-my-zsh est d'ores et déjà disponible en préversion).

Les règles qui permettront de définir des options courtes intuitives restent bien sûr à préciser. Plusieurs contributeurs historiques du projet Emacs se sont attelés à la tâche, ayant déclaré qu'ils « ne pouvaient rester à l'écart d'un tel défi ».

En parallèle de cet effort, des développeurs de plusieurs distributions réfléchissent à standardiser pour le shell un mécanisme de modification du PATH semblable à l'import de module dans les langages de programmation généralistes. Ceci, vous l'aurez deviné, est motivé par un mouvement d'utilisateurs qui protestent contre l'adoption des caractères chinois, et plaident pour que les katakanas japonais soient utilisés à leur place. Selon leurs défenseurs (dans un débat sur la liste kana-opts@vim.org), les katakanas, bien que peu nombreux comparés aux sinogrammes, auraient pour avantages leur notoriété préexistante dans la culture geek/informatique mondiale et leur meilleure lisibilité avec les polices à chasse fixe des terminaux. Le principal intérêt de la généralisation de la notion de module shell sera, on l'espère, de trancher ce débat et tant d'autres par un ou plusieurs forks amicaux des programmes concernés.

Red Hat, pour sa part, a révélé travailler sur un projet logiciel unique fusionnant les notions de terminal, shell, multiplexeur et shell distant pour s'affranchir de contraintes d'architectures qui remontent à l'époque des terminaux physiques. On ignore encore si ce projet, qui s'ouvrira bientôt aux contributions de la communauté, pourrait rendre obsolètes les coreutils GNU.

Enfin, du côté des systèmes non basés sur Linux, on peut noter la réaction positive de Theo de Raadt sur misc@openbsd.org : celui-ci a annoncé, dans le souci constant de l'interopérabilité d'OpenBSD avec les outils GNU, l'adoption prochaine d'UCS-2 comme codage de caractères par défaut du système.

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Du rififi dans ta cartouche d’encre

Linux France - Dimanche 1 Avril

Cette dépêche fait suite à un reportage diffusé sur France 2, intitulé Imprimante : le coût de la panne. Il est question de la problématique de l’impression dans le cadre domestique et de soupçons sur les pratiques des constructeurs :

  • entente sur les prix ;
  • tromperie ;
  • stratégie d’obsolescence programmée.
Sommaire Contexte familial

Étant chef de famille, je suis régulièrement sollicité au sujet de problèmes d’impression. Plus jeune quand je me suis mis en couple, pour le meilleur et pour le pire, je ne pensais pas que telle mésaventure pourrait m’arriver. Et encore, ayant une très bonne connaissance des systèmes informatique et du support, je peux considérer que ma famille et moi nous ne sommes pas les plus dérangés par cette problématique.

Tu peux m’imprimer ceci, tu peux m’imprimer cela. Le certificat, la partition, la copie du dessin, les prises de notes pour l’élève malade, l’attestation du jeune premier, formulaire Cerfa 12100, et j’en passe. Combien de documents papier faut‐il fournir au cours d’une vie, nul ne le sait. Heureusement, la transformation numérique est en marche. Il reste cependant des ardents défenseurs du très confortable support papier. Grand bien leur en fasse, les constructeurs d’imprimantes s’en frottent les mains, au détriment de nos porte‐monnaie malheureusement, mais aussi quand l’imprimante se détraque entraînant avec elle l’ambiance dans nos chaumières.

Chacun possède à son domicile une imprimante. Souvent, pour une question de moyens, c’est une imprimante à jet d’encre. Souvent, c’est aussi une imprimante multifonction : bien pratique pour dupliquer un document, en toute autonomie, ordinateur éteint. Sans compter le gain de place.

Le grand défaut de l’imprimante tout‐en‐un, c’est que lorsque l’un des composants nous lâche, l’ensemble qui devient généralement inutilisable. Mais qu’est‐ce qui pousse les constructeurs à rendre ces systèmes aussi stupides ? pourquoi diable ne pas pouvoir utiliser la fonction scanneur quand l’une des cartouches d’encre est vide ? Serait‐ce un signe délibéré de politique de renouvellement forcé qu’on appelle aussi obsolescence programmée ?

Choisir son imprimante

On ne compte plus sur le site, les demandes pour savoir quelle imprimante choisir et être certain qu’elle fonctionnera bien sous GNU/Linux, notre système d’exploitation favori. Généralement, sont aussi abordées les problématiques de fiabilité et de durabilité. Il se trouve que sur ce site, nous aimons le durable et, si possible, les produits respectueux de l’environnement, mais aussi du consommateur. Comme j’aime cette belle communauté.

Suite à la publication d’un lien sur Facebook, portant sur ce sujet des imprimantes domestiques que l’on n’arrive pas justement pas à domestiquer, voici ce qu’a écrit l’un de mes amis (un véritable du coup) :

« Un barbu ronchon se trouva démuni devant la panne de son imprimante sur son ordinateur qu’il ne pouvait réparer car le fabricant lui interdisait. Alors, il a écrit un nouveau pilote pour cette imprimante, et une licence qui permette à tout le monde de corriger les bogues et d’améliorer le logiciel prenant cette licence. Et c’est ainsi que le logiciel libre est né. » Il est fort probable qu’il consulte régulièrement ce site et se reconnaîtra ; salutations l’ami.

Enquête

Ce jeudi 29 mars, à la télévision, sur France 2, j’ai suivi avec assiduité le reportage d’Envoyé Spécial concernant l’obsolescence programmée des imprimantes. On y apprend :

  • que les imprimantes, tout comme certaines cafetières à capsules, sont vendues pratiquement à perte et que les constructeurs se rattrapent copieusement par la vente de consommables ;
  • le rapport entre le prix de vente et le prix de fabrication des cartouches serait de l’ordre de 25 à 50 ;
  • un tampon permettant de collecter l’encre perdue doit être changé périodiquement. Un compteur permet de mesurer de façon très approximative le taux d’imprégnation de ce tampon. Techniquement, ce tampon serait facile à changer si le constructeur ne s’évertuait pas à rendre la maintenance de son matériel si complexe. Par ailleurs, il suffit de laver et faire sécher ce tampon pour repartir pour un nouveau cycle. Encore faut‐il disposer du petit logiciel capable de faire une remise à zéro sur le compteur. Merci au hacker des pays de l’Est pour le coup ;
  • les cartouches sont munies de capteurs qui n’en sont pas. Ce ne sont que des compteurs de pages imprimées. Du coup, le niveau d’encre ne peut qu’être approximé par le système d’impression, obligeant le consommateur à changer la cartouche alors que celle‐ci n’est pas vide et contient parfois encore 25 % de précieux liquide.
HOP : Halte à l’Obsolescence Programmée

J’ai appris ce jeudi soir qu’un petit groupe de consommateurs s’était réuni en association afin de militer contre les pratiques de l’obsolescence programmée.

HOP, l’association qui dit « Halte à l’Obsolescence Programmée ».

À défaut d’être en mesure de lutter contre ce phénomène à titre individuel, un groupe de personnes militantes et déterminées s’est réuni en association afin d’organiser, de communiquer, d’étudier cette problématique.

Les missions de HOP sont :

  • sensibilisation du grand public (campagnes, événements, conférences, pédagogie) ;
  • lobbying auprès des institutions politiques et des industriels (engagement vers des meilleurs pratiques).

L’association est composée d’experts, de juristes, de communicants, d’infographistes. Ses membres, transpirent la fraîcheur, l’optimisme, la détermination ; ils font plaisir à voir. L’association envisage des actions de groupe. Pour cela, ils leur faut porter le nombre des adhérents à 10 000 membres.

L’obsolescence programmée peut concerner plusieurs produits de consommation : l’imprimante en est une. HOP a aussi en ligne de mire les iPhones et les collants, les véhicules automobiles.

Quelques passages issus du site : l’obsolescence programmée peut recouvrir différents aspects : technique, esthétique et logiciel. Cela permet aux entreprises de renouveler plus régulièrement le matériel et d’inciter les clients à acheter.

Bien que le nom de l’association porte principalement sur l’obsolescence programmée, l’association est prête à porter en justice tout litiges de consommation : tromperie, entente sur les prix. Par ailleurs, l’association milite sur le plan politique pour faire évoluer le cadre législatif (droit de la consommation et problématiques environnementales).

Votre imprimante vous ment

Il peut paraître surprenant de l’écrire, mais votre imprimante vous ment ; une autre façon de l’écrire : le constructeur qui vous a vendu son produit est déloyal avec vous.

En effet, quand une imprimante indique que l’une des cartouches est vide, ce n’est pas toujours le cas :

  • il s’agit d’une estimation : il est probable que l’une des cartouches soit bientôt vide, mais elle ne l’est pas nécessairement ;
  • comment savoir qu’une cartouche d’encre est vide quand elle n’est pas dotée d’une jauge ?
  • les puces implantées sur les cartouches d’encre possèdent un compteur de pages (ou de volume d’impression) mais ne possède aucunement un dispositif de mesure du niveau d’encre.

Il en va de même avec le compteur implanté dans certaines imprimantes qui compte les pages imprimées et déclare au bout d’un certain seuil que l’imprimante doit être portée à la maintenance, simplement pour changer un tampon de ouate en charge de collecter les gouttelettes d’encre. Ce tampon pourrait parfaitement être nettoyé par le quidam si le constructeur voulait s’en donner la peine.

À leur décharge, chez certains constructeurs cette intervention est gratuite.

Autres points

Voici d’autres points qui favorisent l’obsolescence programmée. Est‐ce délibéré de la part des constructeurs ou un problème de logistique, de négligence ou de stratégie commerciale ?

Maintenance

La tête d’impression est le point sensible sur une imprimante. Il arrive régulièrement que celle‐ci sèche. Certains fabriquant livrent des cartouches avec tête d’impression intégré avec un surcoût de 25 % environ. D’autres peinent à mettre à disposition des têtes d’impression au juste prix.

Prix des pièces

Il faut parfois dépenser jusqu’à 100 à 150 % du prix d’une imprimante neuve pour changer une simple tête d’impression. Par ailleurs, l’opération de changement est souvent complexe. Une marque mettait à disposition de ses clients, une imprimante « Pixma » permettant de changer la tête simplement. Malheureusement, cette gamme n’est plus d’actualité.

Mise à jour

Il arrive que certaines imprimantes soit mises à jour logiciellement (micrologiciel ou pilote). Parfois, les constructeurs en profitent pour renforcer le verrouillage technique :

  • renforcer l’incompatibilité de cartouches dite compatibles, par détection plus fine des puces des cartouches d’encre ;
  • indépendance des fonctionnalités des imprimantes‐scanneurs ou jeux de cartouches (noir vs couleur).
Compatibilité
  • compatibilité logicielle : le support de tous les systèmes d’exploitation, dont GNU/Linux n’est pas toujours assuré ;
  • compatibilité des cartouches d’encre manufacturées par des tiers.
Pratiques frauduleuses ?

Le volume d’encre contenu dans les cartouches neuves est de plus en plus faible au fil des années. Les nouveaux modèles sont souvent construits avec des capacités de plus en plus faibles (pages 3 et 8 du rapport)

Les cartouches d’encre ne sont que de simples réservoirs à encre liquide. Ils sont généralement faits de matière plastique, le plus souvent opaque. Pour quelles raisons ? y a‐t‐il une volonté de masquer auprès du consommateur le faible volume d’encre contenu dans ces réservoirs ?

Le compteur de pages dont la présence n’est pas explicite et qui interdit l’usage de l’imprimante une fois le seuil atteint. Le fait d’atteindre ce seuil soit traduit en une panne matérielle peut être considéré comme une pratique frauduleuse. On devrait plutôt parler de maintenance ; il ne s’agit pas d’une panne matérielle. Sur les forums, il est possible de trouver des astuces permettant de gérer ces compteurs. Pourquoi ces informations ne sont‐elles pas publiées plus explicitement aux consommateurs et sont‐elles réservées aux services de maintenance ?

Impact environnemental

L’impact environnemental lié à l’obsolescence programmée est sensible. Les déchets ne sont pas toujours parfaitement collectés. Le risque est de produire toujours plus vite pour jeter plus vite. La production de biens de consommation nécessite une quantité d’énergie : on parle d’énergie grise. Elle concerne tous les biens de consommation.

Diminuer le volume de renouvellement des biens de consommation permet de limiter l’impact environnemental. Mais, comment les entreprises pourraient converger vers ce cercle vertueux ? Autant se tirer une balle dans le pied.

Parfois, les constructeurs organisent la collecte des déchets. Dans le cas d’Epson, le processus semble réservé à la clientèle professionnelle.

Il semble que dans le plan climat de M. Hulot, la problématique de l’obsolescence programmée est été tout simplement oubliée. HOP ne manque pas de nous le rappeler et de préciser que la meilleure énergie est celle que l’on ne consomme pas.

Quelles solutions ?
  • rendre les cartouches d’encre transparentes afin d’être en mesure de vérifier visuellement le niveau d’encre ou mettre en place un procédé optique de contrôle du niveau d’encre ;
  • permettre à l’utilisateur d’imprimer jusqu’à ce que la cartouche d’encre soit réellement vide, sans mettre en danger la tête d’impression (asséchement des buses d’impression) ;
  • dans un effort de transparence, clarifier la documentation et les interfaces (notifications utilisateur) :
    • en toute logique, il devrait être écrit : « nous présumons que votre cartouche d’encre est pratiquement vide » ; message qu’il sera impossible de faire passer aux constructeurs,
    • s’il y a des compteurs de pages, leur présence devrait être plus explicite et il devrait y avoir un moyen de les consulter, voire de passer outre sans avoir à fouiller sur Internet et trouver ses séquences de touches peu documentées ou réservées aux services de maintenance ;
  • faciliter la maintenance des imprimantes :
    • mise à disposition des manuels de maintenance,
    • conception de systèmes permettant de faciliter la maintenance,
    • mise à disposition de pièces détachées à des prix en rapport avec le prix de vente du matériel neuf complet ;
  • permettre l’utilisation de cartouches compatibles ;
  • interdire ou limiter l’emploi de puces électroniques si la seule vocation de ces puces est de fermer le marché de la cartouche d’encre ;
  • favoriser la conception d’appareils conçus avec des composants génériques obéissant à des standards ;
  • favoriser la collecte des déchets.
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LinuxFr.org sera impliqué dans le plan français sur l’intelligence artificielle #FranceIA

Linux France - Dimanche 1 Avril

Vous l’avez sans doute lu dans la presse généraliste, le président Emmanuel Macron a décidé de lancer une grande opération de soutien à la recherche et aux techniques d’intelligence artificielle. Cela fait suite au rapport du mathématicien et député Cédric Villani.

Sur proposition de l’INRIA, LinuxFr.org a été pressenti pour servir de cas d’école en raison de la quantité et de la qualité des informations stockées depuis près de vingt ans. Les chercheurs auront ainsi des données réelles absolument nécessaires à une étude performante.

   CC0 1.0 Universal (CC0 1.0), par Royonx

Le projet se nommera SOLE (Search Of Learning Events). Il mettra à contribution des chercheurs universitaires et des entreprises recevant des subventions de la France dont certaines d’origine étrangère, d’où l’usage d’un acronyme anglais.

Cette excellente nouvelle va permettre à votre site préféré de toucher des revenus. Cette source de revenu va permettre à l’équipe du site de se professionnaliser et ainsi de disposer de plus de temps pour s’occuper du site. Il est aussi envisagé d’offrir aux administrateurs et aux modérateurs des séminaires dans des lieux propices à la réflexion et à la détente. La transformation ne s’arrêtera pas là puisque, pour toucher ces revenus, l’association LinuxFr doit faire place à une entreprise. DLFP SARL, enregistrée pour l’occasion, aura ce rôle. Les dirigeants sont les membres du bureau de l’association.

Extraits du rapport Villani (la mise en gras a été ajoutée) :

Logiciel libre

« Une logique similaire à celle ayant conduit à la conception du logiciel libre mise à disposition par la CNIL pour aider les moins chevronnés à conduire leur auto‐évaluation PIA pourrait présider au dispositif du DIA [discrimination impact assessment]. La France pourrait ainsi faire la promotion d’un projet d’investissement commun – par l’entremise de l’UE ou sur la base de partenariats volontaires avec certains États membres – pour se doter de protocoles et de logiciels libres de droits en la matière. »

« La loi mobilité de février 2018 (…) pourrait par ailleurs aller plus loin que les seules données d’information, et se pencher sur une ouverture plus large des données. Elle pourrait prévoir une régulation de la diffusion et de l’usage des données de transport notamment en matière de formats, d’interopérabilité et d’utilisation préférentielle de logiciels libres et création de communs numériques. »

Interopérabilité

« Ainsi, des protocoles doivent être développés et intégrer de nouvelles métriques pour être appliqués aux données, aux performances, à l’interopérabilité, à l’utilisabilité, à la sécurité et à la confidentialité. »

« Il s’agira en particulier, dans une démarche proactive et coordonnée, d’établir et d’imposer des normes d’interopérabilité non propriétaires […] »

« Le dossier médical contient de multiples comptes‐rendus médicaux apportant notamment des informations cliniques et des données biologiques, d’imagerie de différentes sources, d’anatomo‐pathologie, de génétique‐génomique. Ces informations, éparses, se retrouvent dans des systèmes peu communicants qui ne respectent que rarement les normes d’interopérabilité. »

« Il faudra assurer l’interopérabilité des données et des systèmes (des hôpitaux jusqu’au SNDS), chantier qui pourra être articulé avec le développement d’une architecture technique du Dossier Médical Partagé compatible avec les usages de recherche et d’innovation. »

« Intensifier les efforts sur la standardisation et l’interopérabilité », titre de chapitre contenant « Cela implique la mise en place de standards de données ouverts afin de favoriser une interopérabilité maximale, sur l’ensemble des chaînes de valeur. » et « Une dynamique partenariale d’ampleur pour l’interopérabilité des données apparaît en effet indispensable pour constituer des jeux suffisamment conséquents pour permettre la conception de solutions d’IA de tous types. »

« L’IA au service de la défense et de la sécurité » avec « l’interopérabilité avec d’autres systèmes, en particulier dans le cas de coalitions ou d’échanges internationaux ». Faut‐il y voir la fin du tout Microsoft à l’OTAN et de l’OpenBar à la Défense française ?

« Le recours à des tribunes ou clavardeurs libres sera un vecteur de l’excellence technologique de la French Tech en matière d’interopérabilité afin de permettre l’incubation d’excellence propre à ces écosystèmes, comme le développement d’agents conversationnels avancés recourant aux dernières techniques d’IA. »

Open

« Faire levier sur l’open hardware et l’open software » (titre de chapitre), évoquant notamment l’Open compute project.

« Enfin, certaines plateformes mettent en œuvre un principe d’ouverture maximale de leurs données, dans une logique de crowdsourcing (ex. : OpenStreetMap). »

« La seconde condition est celle de l’ouverture et de la transparence. Aussi bien pour des questions de souveraineté technologique et économique que des questions d’efficacité et de performance, il est impératif de privilégier autant que possible l’utilisation de technologies ouvertes (“open source” et “open hardware”), pour ne pas être victime de logiques d’enfermement. »

Ainsi que beaucoup d’open data, d’OpenSolarMap et pas mal de prOpension aussi.

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