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Mis à jour : il y a 15 min 23 sec

Sortie de GIMP 2.10.2

Vendredi 25 Mai

Moins d'un mois après la sortie de GIMP 2.10.0, nous sortons une première version mineure.

Suite au changement de politique de sortie, cette mineure ne se contente pas de corriger de nombreux bugs, elle apporte aussi de nouvelles fonctionnalités ! C'est la raison pour laquelle je me permets une nouvelle dépêche plutôt qu'un simple journal.

Sommaire Corrections de bugs et activité de développement

Entre GIMP 2.10.0 et 2.10.2, en moins d'un mois, 292 commits se sont produits (soit une moyenne de 12 commits par jour dont plus de 60% par 3 développeurs) et 44 bugs corrigés.

Il s'agit donc d'un développement très actif, bien que limité par le faible nombre de développeurs.

Nouvelles fonctionnalités Prise en charge du format HEIF

GIMP 2.10.2 propose la prise en charge du format d'image HEIF, en lecture et écriture, contribué par Dirk Farin.

De nouveaux filtres

Deux nouveaux filtres ont aussi été ajoutés:

Le filtre Spherize qui crée comme une sorte de "bulle" sur laquelle l'image se colle.

Filtre Spherize sur une image CC by-sa par Aryeom Han (projet ZeMarmot)

Le filtre Recursive Transform notamment utilisable pour créer des Effets Droste.

Filtre Recursive Transform sur une image CC by par Philipp Haegi

Quelques améliorations notables Amélioration de performances (calcul d'histogrammes)

Les histogrammes sont désormais calculés dans des fils d'exécution séparés, libérant ainsi le fil d'exécution principal et améliorant encore plus la réactivité de l'interface graphique.
Cela fait suite aux diverses améliorations des performances de GIMP depuis la version 2.10.0.

Plug-in de capture d'écran amélioré pour Windows

Sur les systèmes Microsoft, la capture d'écran par fenêtre ne fonctionnait pas si la fenêtre était cachée ou hors du champ du bureau. Cela est désormais réparé.

Coopérer avec les tiers

GIMP est un logiciel très répandu et par conséquent nous avons beaucoup d'interaction avec des projets tiers. Trouver une logique de coopération est donc important.

Rapports de bugs et paquets tiers

L'une des problématiques est de permettre aux empaqueteurs de gérer leurs utilisateurs. En effet, GIMP est rapidement empaqueté par de nombreuses personnes et entités. Parfois certains font même des binaires plus rapidement que le projet GIMP (notamment pour Windows et macOS).

Malheureusement cela signifie que nous recevons aussi beaucoup de rapports de bug pour des problèmes spécifiques à des paquets tiers, par exemple lorsqu'ils ont patché le code source, ou bien ont rajouté des plug-ins tiers ou au contraire retiré des fonctionnalités, ont des problèmes de dépendances, de compilation, etc.
Recevoir des dizaines de rapports de bugs pour ces divers paquets (par exemple pour une version PortableApp, un paquet Archlinux, etc.) et devoir les gérer, faire du déboggage, pour finalement comprendre que le problème est dans le paquet et demander à tous les utilisateurs de rapporter le problème à l'empaqueteur, gérer les duplicatas, etc. nous prend énormément de temps que l'on préférerait passer à améliorer GIMP.

Dans tous les cas, il est souvent préférable de rapporter les bugs auprès de l'empaqueteur qui peut effectuer un premier tri avant éventuellement de nous rapporter le bug (une seule fois) s'il estime qu'il se trouve dans le code source, après avoir testé.

C'est pourquoi j'ai rajouté l'option de compilation --with-bug-report-url permettant à un empaqueteur de préciser sa propre adresse d'outil de suivi, qui sera ouverte notamment en cas de plantage de GIMP.

Lecture de XCF par programmes tiers

Le format XCF n'est pas un format d'échange (contrairement par exemple au format OpenRaster). Son but est d'être le plus proche possible du fonctionnement interne de GIMP, en suivant les fonctionnalités.

Néanmoins il est normal que d'autres logiciels souhaitent tout de même pouvoir lire ces fichiers. Dès 2006, un contributeur (Henning Makholm) avait documenté le format XCF et cette documentation avait finalement été intégrée dans notre dépôt de source. Nous avons reçu quelques demandes répétées de mettre à jour cette documentation. J'ai donc pris une journée et demi pour la mettre à jour avec les changements du format depuis GIMP 2.8 (si des imprécisions ou des erreurs subsistent, chacun est le bienvenu pour déposer un rapport de bug).

Les nombreux logiciels souhaitant prendre en charge XCF sont donc invités à se mettre à jour. Notez que la version git log peut être plus intéressante pour distinguer plus aisément le différentiel entre GIMP 2.8 et GIMP 2.10.

Autres évolutions Flatpak

Nous rappelons que GIMP est désormais disponible en version Flatpak officielle (maintenue par l'équipe de GIMP, en particulier par moi-même). Encore une fois, cette version binaire est même sortie la première, avant un installeur Windows ou un paquet macOS!

Néanmoins nous avons aussi eu plusieurs remarques concernant cette version et ses limitations (dûes en partie au modèle de sandbox, la jeunesse de la technologie Flatpak et la non-adaptation de GIMP à certains aspects du modèle).
Je souhaite donc rappeler que (contrairement aux plateformes Windows et macOS), le paquet de votre distribution GNU/Linux est encore la méthode officiellement recommandée par le projet GIMP! Cela était déjà clairement noté sur notre page de téléchargement, mais pas assez mis en avant. J'ai donc un peu remis en page le texte sur gimp.org/download pour que cela soit plus clair :

Bien sûr, cela pourra changer, mais pour l'instant certaines fonctionnalités sont perdues, comme l'utilisation de darktable/RawTherapeee comme plug-ins pour ouvrir les RAWs (ces logiciels étant recherchés par le $PATH, et n'étant pas accessibles dans un environnement bac à sable), ou encore le contrôle de GIMP par périphériques MIDI, etc.

Les avantages de Flatpak à ce jour sont : la mise-à-jour au plus tôt après une sortie de GIMP (alors que les distributions peuvent avoir plusieurs mois de retard, voire années pour des LTS), un système auto-contenu pouvant être lancé de n'importe quelle distribution, et une version disponible et utilisable directement pour 4 architectures, notamment ARM et AArch64 (donc a priori, installer GIMP sur un RaspberryPi devrait être possible en un clic ou une commande, mais je n'ai jamais testé!).

Source et suivi de bug migrés sur le gitlab de GNOME

Une autre évolution majeure dans notre processus de travail est que nous suivons GNOME dans leur migration vers le logiciel Gitlab.
Cela fait suite à un projet de migration de longue haleine, de la part de nos amis de chez GNOME, et qui touche à sa fin

Le déménagement de GIMP est effectif depuis jeudi 24 mai 2018 (le source est déjà présent et les rapports de bug en cours de migration à l'heure d'écriture de ces lignes). Vous pouvez désormais obtenir le code source de GIMP et créer de nouveaux rapports de bug à cette adresse: https://gitlab.gnome.org/GNOME/gimp

Nous noterons que GNOME effectue cette migration en collaboration avec l'entreprise GitLab (de ce que j'en ai compris), qui effectue des modifications dans leur logiciel pour les besoins des projets GNOME et amis.
Notamment il est à noter que nous refusons les "commits de merge" chez GIMP (même si parfois, certains apparaissent subrepticement), pour raison de lisibilité de l'historique, ce qui est un gros problème avec le processus de "Pull Request/Merge Request" propre à ce type de plateforme, et était donc un des freins de nombreux projets. Cela fait donc partie des changements fait par GitLab pour accueillir certains projets qui ont la possibilité de désactiver de tels commits non désirés (ce que GIMP a donc fait).

Notons que tout est encore un peu flou, et que je ne suis pas certain sur beaucoup de détails, ce qui est normal, car le changement est frais de quelques heures! Nous verrons donc dans les jours qui suivent.

En tous les cas, je sais que c'est un appel d'air frais que beaucoup trouveront bienvenu, car certains semblaient redouter le vieillissant Bugzilla. Je souhaiterais cependant prendre un peu le contrepied de cette opinion populaire en remerciant les nombreux développeurs de Bugzilla, qui nous ont fourni un excellent logiciel pendant de nombreuses années — certes avec ses imperfections — mais quel logiciel n'en a pas? Surtout un logiciel né en 1998, soit à peine moins vieux que GIMP!

Merci Bugzilla! Tu as fait du super boulot et on te souhaite de continuer à aider plein d'autres projets pendant longtemps!

GIMP 3: le voyage a commencé

Nous avons commencé à travailler sur GIMP 3, qui est le port GTK+3 de GIMP, et c'est extrêmement excitant! En fait, le jour de la sortie de GIMP 2.10.0, le travail sur GIMP 3 a commencé de manière poussée (plus de 200 commits en un mois, en plus donc des commits sur la branche stable dont les statistiques sont notées plus haut). L'une des tâches principales du port étant de nettoyer le source de bouts de code ou de données obsolètes rendus inutiles par GTK+3. En un mois, cette branche a ainsi connu 9 805 lignes de codes insérées pour 921 630 lignes supprimées!


Certains des développeurs principaux de GIMP représentés par Aryeom

Notons aussi que le jour de la sortie de GIMP 2.10.2, le port vers GTK+3 est devenu notre branche master principale officiellement, le signe qu'il s'agit maintenant de notre nouvelle priorité n°1.

NdM : Jehan est non seulement un fidèle écrivain sur LinuxFr.org, l'un des principaux développeurs de Gimp, mais aussi et surtout l'auteur avec Aryom du film d'animation ZeMarmot dont on a beaucoup parlé sur LinuxFr.org et qui a toujours besoin d'aide.

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GrafX2 enfin en version 2.5

Vendredi 25 Mai

GrafX2 est un logiciel de dessin spécialisé dans les graphismes en Pixel Art. Le 15 mai dernier, la version 2.5 a été publiée, elle succède à la version 2.4 qui était sortie en 2012. C'est l'occasion de présenter un peu ce logiciel dont on ne parle décidément pas assez sur Linuxfr.org.

Sommaire Historique Les débuts de GrafX2

Le projet n'est pas tout jeune, puisque les premières lignes de code de GrafX (version 1) ont été écrites vers septembre 1995. Il s'agissait à l'époque d'un programme en Turbo Pascal, destiné à réaliser les graphismes d'un jeu d'aventures pour PC réalisé par la même équipe.

À l'époque, la référence pour le dessin au pixel sur PC était Deluxe Paint 2 Enhanced, qui était beaucoup plus limité que la version Amiga. Pour une raison inconnue, le jeu utilisait une résolution d'écran inhabituelle de 360x240 pixels au lieu des 320x200 qui étaient le mode vidéo standard. Il fallait donc un outil spécial pour dessiner les décors.

Quelques temps plus tard, les développeurs ont découvert le compilateur Watcom C qui permettait l'accès à la mémoire étendue du PC, ce qui s'est vite révélé indispensable pour un logiciel de dessin. De plus, à l'époque, beaucoup d'images étaient réalisées sur Amiga qui permettait beaucoup de résolutions d'écran difficiles à afficher correctement sur un PC (par exemple, 320x512, en mode entrelacé).

Durant l'été 1996, c'est donc une réécriture complète de GrafX, en C et en programmant directement le contrôleur vidéo des cartes VGA, qui va permettre d'afficher ces images sur PC.

Les deux développeurs de GrafX2 publieront une première version (2.00 beta 90%) en novembre 1996, lors de la demoparty Wired. Le succès est au rendez-vous et plusieurs graphistes rentrent chez eux avec une copie du logiciel. Plusieurs versions vont se succéder, assez rapidement au début (une par semaine dans les mois suivant la première publication), puis de plus en plus rarement jusqu'à décembre 1999, et la sortie de la version 2.00 beta 96.5%.

La publication des sources

Malheureusement, les choses deviennent un peu plus compliquées par la suite. GrafX2 manipule directement le contrôleur vidéo et fonctionne sous DOS. C'était acceptable à ses débuts, mais avec l'arrivée de Windows XP, il devient compliqué de faire fonctionner le programme correctement. Les développeurs n'ont plus le temps de s'en occuper et GrafX2 commence à tomber dans l'oubli.

Robinson et X-Man décident donc d'officialiser la fin du projet, et surtout, décident de publier le code source de GrafX2 sous licence GPL 2, dans l'espoir que quelqu'un pourrait porter le programme sur un système plus moderne, ou au moins, pour servir de référence sur la façon dont certains outils de dessins peuvent être implémentés.

Dans un premier temps, cette démarche n'aura pas beaucoup de succès. Pendant quatre ans, personne ne va s'intéresser aux sources publiées. De 2004 à 2006, le groupe Eclipse Game va travailler sur une version de GrafX2 pour Windows, et publiera une version exécutable du programme… sans le code source.

Le portage sous Linux

En 2007, le développement de GrafX2 reprend, à partir des sources de la version DOS publiée en 2001. Quelques parties du code écrites en assembleur sont remplacées par du C, tout le code spécifique aux cartes vidéos VESA et VGA est retiré, et le programme est modifié pour fonctionner avec SDL et sous Linux. Au passage, plusieurs problèmes de boutisme sont corrigés car le développement est réalisé sur une machine PowerPC. En octobre 2008, ce travail permet de publier une version 2.00 beta 97%. Elle ne contient pas de grosses nouvelles fonctionalités, mais permet d'utiliser GrafX2 sur Linux, Windows, Mac OS X et AmigaOS 4. Début 2009, la version beta 98% ajoute la prise en charge de Amiga OS 3, BeOS, Haiku, AROS, SkyOS, MorphOS, et de la console GP2x, ainsi qu'un certain nombre de fonctions manquantes de la version DOS.

En juin 2009, la version 2.0 est enfin publiée. Elle implémente toutes les fonctionnalités prévues par les développeurs de la version DOS de GrafX2 (et quelques autres en plus). Elle sera suivie de plusieurs versions "bugfix" durant l'été 2009, puis assez rapidement d'une version 2.1 apportant principalement la gestion de formats d'images pour le Commodore 64, ainsi que diverses améliorations du fonctionnement de l'interface utilisateur.

Versions 2.2 à 2.4

Sur cette base, il devient possible d'ajouter de nouvelles fonctions. Le gros changement de la version 2.2 sera la possibilité d'utiliser des calques ; la version 2.3 apportera la possibilité de manipuler l'image éditée à l'aide de scripts lua, et la version 2.4 (publiée en 2012) ajoutera enfin la gestion des animations (enregistrées au format GIF).

La version 2.5

Le développement va un peu ralentir après la version 2.4. Les raisons sont multiples : d'une part, les développeurs sont occupés par d'autres projets, et d'autre part, la question se pose de passer à la version 2 de la bibliothèque SDL. En effet, GrafX2 utilise toujours la version 1.2, qui n'est plus maintenue aujourd'hui. Un travail de conversion est donc démarré, mais plusieurs problèmes sont rencontrés : bugs dans SDL2, impossibilité d'utiliser un mode graphique en 256 couleurs avec une palette (indispensable pour GrafX2, par exemple pour les effets de "colorcycling"), et surtout, une portabilité nettement moins bonne pour les plateformes prises en charge par GrafX2 (encore aujourd'hui, il n'y a pas de solution en vue ni pour AmigaOS 3, ni pour la console GP2x).

Finalement, la décision est prise de reporter le passage à SDL2 et de publier une version 2.5 comprenant plutôt diverses corrections de bugs accumulées depuis la version 2.4 et quelques nouvelles fonctions. On y trouvera principalement la gestion de nombreux nouveaux formats de fichiers, et la possibilité de travailler directement sur des images pour des systèmes utilisant des modes graphiques contraints, par exemple le ZX spectrum qui ne peut utiliser que 2 couleurs par bloc de 8x8 pixels.

L'avenir de GrafX2

GrafX2 est toujours utilisé par de nombreux graphistes, mais l'équipe de développement reste assez réduite (2 à 3 personnes, toutes déjà impliquées dans d'autres projets).

Aujourd'hui le logiciel offre déjà de nombreuses fonctions et il y a peu de projets d'améliorations de ce côté. Cependant, il y aurait beaucoup de travail à faire pour moderniser l'interface et réaliser une version utilisant, par exemple, SDL2, tout en conservant la portabilité et la prise en charge de nombreuses plateformes.

La question se pose également de conserver l'apparence actuelle (avec ses polices de caractères monospace et dessinées à la main sans antialiasing) ou d'essayer d'utiliser une apparence mieux intégrée avec le système environnant (GrafX2 est plutôt conçu pour être utilisé en plein écran en mode "distraction free" - il est même possible de masquer complètement le menu et de travailler exclusivement avec des raccourcis clavier). C'est en tout cas une des critiques relativement fréquentes des utilisateurs potentiels.

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LinuxMAO — Éditorial de mai 2018

Jeudi 24 Mai

Comme tous les mois, LinuxMAO vous apporte ici son lot de nouveautés et vous permet de vous tenir au courant de l’actualité musicale. Nouveaux projets, nouvelles publications, nouvelles réalisations, dernières mises à jour de logiciels… Allez vite lire la deuxième partie de la dépêche.

Article sous licence CC by SA 2.5 (comme l’originel sur LinuxMAO.org).

Sommaire

Un certain mois de mai, il y a cinquante ans, une génération lâchait la bride à son imagination, libérant un flux continu d'idées neuves et colorées dans une époque grisâtre. En politique, certes, mais aussi dans ses rapports sociaux, ses mœurs ou sa musique.
Quelques éclats de ces pensées traversent encore certaines strates de notre planète, depuis massivement régie par les règles impitoyables du marché.
La vertigineuse somme d’intelligences, de savoirs et d’énergies, partagée dans cette distribution Linux que je viens de télécharger librement, me ramène au souvenir de cette tempête imaginative qui repoussa bien des limites, il y a un demi-siècle.
Offrir à tous la possibilité de créer, mettre à la libre disposition de chacun les outils dignes de ses talents, partager les savoirs, autant de concepts qui me rappellent une vieille bande-son : celle des slogans du mois de mai 68.

Quoi de neuf ?

Depuis la parution du dernier éditorial, nous ont rejoint : Benn170, micksemenai, loop45, Atriase, Mandragore77, aim_true, FredChamps, superludwig, JeanPierreDubois, Sainteamanite, Hearstyx, dude2000, decacq, lgr, quinou007, JC92, vanda55 et hurukan.
Bienvenue à vous toutes et tous !

Musique sur LinuxMAO Musique libre en dehors de LinuxMAO

Liste de lecture des nouveautés pour le mois d'Avril 2018 chez les copains de Dogmazic.

Nouvelles du monde

La Linux Audio Conférence 2018 qui se déroulera à Berlin (Allemagne) du 7 au 10 juin 2018 vient de mettre en ligne les premières informations sur le programme, que l'on peut consulter sur cette page.

Nouveautés sur LinuxMAO Des chiffres

Le nombre de visiteurs uniques du mois d'avril 2018 est de 31524. linuxmao.org, c'est à ce jour, 5955 utilisateurs inscrits (oui, c'est moins que le mois dernier puisque des comptes-inutiles ont été supprimé), 2311 "pages de documentation", les > 86000 messages dans les "forums", et d'autres fioritures.

D'autre part, nous avons eu 18 nouvelles inscriptions depuis la rédaction du dernier éditorial du site c'est à dire en 30 jours.

Nouvelles pages Coté administration

olinuxx a :

  • supprimé d'environ 421 comptes de membres inutiles. Il y avait eu des demandes d'ouverture pour ces comptes, mais ils n'avaient jamais été activés, voir ce fil pour les admins ;
  • ajouté une tâche annuelle de maintenance à faire (suppression des comptes non-validés), voir ce fil pour les admins ;
  • supprimé les majuscules non nécessaires dans le menu du haut ainsi que dans le menu d'administration (accompagné de quelques petites améliorations pour celui-ci) ;
  • passé les liens wiki externes en HTTPS ;
  • mis en cohérence les admins affichés dans la page Administration du manuel du site (voir ce fil pour les admins) : pianolivier passe en admin-ancien et gilles passe de admin-système à admin-général.

r1 a fait la chasse aux pages disparues (erreur 404) et aux pages ne répondant plus (timeouts) sur les pages des catégories du Portail des Logiciels. Il ne devrait plus y avoir de liens cassés vers des URL externes sur les pages en question.

L'ensemble de l'équipe d'administration a opté pour la typographie définitive du nom du site. Désormais, nous écrirons : LinuxMAO.

Coté logiciel sur LinuxMAO Côté logiciel en dehors de LinuxMAO

Depuis la publication du dernier éditorial, r1, olinuxx, sub26nico et Houston4444 ont relevé les mises-à-jour suivantes.

Pour ce mois-ci :

Pour les mois précédents (mais que nous n'avions pas vu jusque là) :

Note : Harrison débute une nouvelle collection de greffons multi-plateformes et multi-formats avec l'égaliseur AVA Mastering EQ.

Post scriptum

Merci à allany, olinuxx, r1 et sub26nico pour l'écriture de cet édito, et on se retrouve le mois prochain pour une revue de l'actualité du mois écoulé !

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Partitions Ext4 : Ne gaspillez plus l'espace disque!

Mercredi 23 Mai

Le système de fichiers Ext4 est le meilleur "par défaut" avec Linux : il est le choix par omission de l'immense majorité des distributions. Cependant, il a quelques limitations dues à ses choix techniques, qui font qu'on a vraiment avantage à affiner nos formatages de disques et clés USB.

Journal des écritures

Par défaut depuis ext3 nous avons une sécurité pour prévenir les coupures de courant et autres interruptions brutales d'écriture : le journal. Il permet de retrouver un système de fichiers utilisable après un de ces problèmes. Bien sûr, le fichier en cours d'écriture lors de l'interruption est corrompu et devra probablement être jeté, mais le système de fichiers restera sain.

Pour gagner un peu d'espace disque, ou éviter trop d'écritures sur un média fragile comme les clés USB, on peut désactiver cette sécurité. Bien sûr, on met en danger tout le contenu de la partition en cas d'accident, c'est donc déconseillé à ceux qui arrachent toujours les clés sans les démonter!

Comment qu'on fait? Il faut formater en désactivant le journal :

mke2fs -t ext4 -O ^has_journal /dev/sdXN Nombre d'inodes fixe

Une limitation moins connue est le nombre d'inodes fixe. Cela veut dire qu'il faut choisir lors du formatage du disque quel est le nombre maximal de fichiers qu'il pourra contenir à la fois à l'avenir. Pour être sûr, le formatage par défaut prévoit le maximum, et cela occupe beaucoup d'espace pour les inodes. Si vous savez que votre disque n'aura que des fichiers particuliers (par exemple des photos numériques, des films ou des MP3) vous pouvez demander beaucoup moins d'inodes.

On peut voir combien d'inodes sont prévues et occupées dans nos partitions montées avec la commande "df -i". J'ai ainsi vu ce que mon /home gaspillait avec 95% d'inodes libres alors que l'espace disque est occupé à 85%!

Comment qu'on fait? Il faut formater en indiquant un nombre d'inodes, ou la taille moyenne des fichiers :

mke2fs -t ext4 -N [nombre d'inodes] /dev/sdXN ```## Espace réservé à l'administrateur ## C'est un point bien plus connu, 5% de la partition est réservée au compte root par défaut. Heureusement, ce quota est modifiable sans reformater la partition, on va donc seulement le mentionner pour être exhaustif. _Comment qu'on fait? Il faut mettre ce quota à 0% :_

tune2fs -m 0 /dev/sdXN
```

Cas d'une clé USB de 1Go

Voici un cas pratique pour évaluer le pourcentage d'espace disque que l'on peut espérer gagner avec tous ces affinages. C'est une simple vieille clé USB de un "giga" avec un système Mageia Cauldron. Cela permet de remplacer les valeurs en Mo par Go pour un disque d'un téraoctet, bien plus courant aujourd'hui.

  • Espace physique : 962Mo
  • Formatage normal : 865Mo

Diantre! 39Mo soit 4% du disque est perdu en formatant en ext4!
Améliorons en gardant 0% pour l'administrateur, et diminuant le maximum de fichiers :

  • Formatage normal avec 0% pour l'administrateur : 913Mo
  • Formatage pour des MP3 (3Mo par inode) : 928Mo soit 1,5% de gain
  • Formatage pour au maximum (67Mo par inode) : 928Mo soit pas de gain supplémentaire

Améliorons tout ça, en supprimant le journal :

  • Formatage sans journal pour des MP3 (3Mo par inode) : 944Mo soit encore 1,5% de gain supplémentaire

Voilà, vous avez appris comment gagner de 16 à 31 Mo dans un disque de 1Go.

Autant la suppression du journal n'est envisageable que pour les disques externes, autant la limitation des inodes ne mange pas de pain : vérifiez comme vos partitions prévoient 10 fois plus d'inodes que vous n'utilisez réellement…

Autres systèmes de fichiers ?

J'ai été tenté par d'autres systèmes de fichiers, pour voir. XFS utilise une technique de variation dynamique du nombre d'inodes, c'est plus souple donc théoriquement mieux. Cependant, on gagne moins d'espace qu'avec les conseils ci-dessus, même en gardant le journal :

  • Formatage par défaut avec XFS : 926Mo

BTRFS n'est clairement pas fait pour gagner de l'espace :

  • Formatage par défaut avec BTRFS : 849Mo
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Refaire LinuxFr.org : résultats de l'enquête

Mercredi 23 Mai

Il y a quelque temps, nous vous avions sollicité afin de comprendre quelles étaient les forces et les faiblesses de LinuxFr.org. Nous avons étudié chacune de vos 235 participations, qui étaient à l'image de ce que l'on retrouve d'ordinaire sur le site : critiques, chaleureuses, joviales ou teintées de nostalgie. Nous allons tâcher de synthétiser tout ça, vous allez voir, on a du pain sur la planche !

Sommaire Les principales sources de frustration

C'était la question la plus importante de notre enquête, la 1e, souvenez-vous :

Lorsque vous naviguez sur LinuxFr.org, qu'est-ce qui vous déplaît le plus ? Quelle est la plus grosse difficulté que vous rencontrez ?

Un très grand nombre des participants a répondu ne rencontrer aucune difficulté ou gêne particulière. Certains s'en étonnaient même, et expliquaient cela par l'habitude. D'autres se sont montrés très inspirés et ont fait de longues listes. Ci après ce qui revient le plus :

L'aspect visuel

De loin, ce qui déplaît le plus au plus grand nombre, c'est l'aspect visuel. Beaucoup de liens, peu d'images, les pages manquent parfois de lisibilité. L'adjectif qui revient le plus est « vieillot », mais on en a vu passer des plus fleuris, que la bienséance nous oblige à garder pour nous…

Changer de feuille de style permettra-t-il de résoudre la principale difficulté ? Pas vraiment, parce que bien d'autres choses sont à revoir.

Page d'accueil

Plusieurs personnes ont signalé ne pas comprendre l'ordre des dépêches présentées sur la page d'accueil ! L'article le plus en haut de la page d'accueil est « épinglé » parce que l'équipe de LinuxFr.org a souhaité lui donner plus de visibilité. Or, la plupart des gens viennent sur la page à la recherche des dernières nouvelles, et le même article peut rester épinglé plusieurs semaines, même pour les utilisateurs identifiés dont on sait qu'ils l'ont déjà lu. Alors ces utilisateurs contournent comme ils peuvent : certains préfèrent sauter vers les sections « dépêches » et « journaux ». D'autres font défiler la page pour accéder aux articles plus récents. Comme visuellement la distinction entre l'article épinglé et les actualités est très très subtile, il se pourrait même que des personnes n'aient pas remarqué la chose et restent persuadées que l'article le plus haut dans la page d'accueil est le plus récent… En tout cas, il y en a une qui soupçonne l'équipe du site de faire remonter des actus pas fraîches pour meubler ! (une référence à Ordralfabétix et son « Il est frais mon poisson ! » ?)

Plusieurs personnes nous ont signalé avoir découvert en lisant notre précédente dépêche l'existence de journaux personnels. D'autres nous ont dit ne pas avoir compris la distinction entre journaux et dépêche. Là encore, il ressort que la page d'accueil ne joue pas le rôle qu'on attend d'elle : présenter aux visiteurs les différents contenus qui existent sur le site.

Outre les articles épinglés déjà lus, le formulaire d'authentification, inutile aux visiteurs dépourvus de comptes (et utile que très temporairement aux autres), consomme un espace très précieux sur mobile, et oblige à faire défiler.

Trouver l'information pertinente

La plupart des participants ont loué le travail de fond qui caractérise la plupart des articles du site. Il est donc fréquent que l'on veuille se référer à des articles qui ne font plus partie de l'actualité brûlante, et là, ça coince. Impossible de distinguer ses contenus préférés. Les fonctionnalités existantes comme les tags ne sont pas trouvées. Le système de recherche n'est d'aucun secours : celui-ci semble privilégier les contenus les plus anciens.

Nous avions déjà vu que les rubriques étaient sens dessus dessous, nous ne nous étions pas rendu compte que l'information était si difficile à trouver !

Le suivi des discussions

Irréprochable pour quelques-uns, le système de discussions comporte des défauts majeurs pour d'autres. Cas d'utilisation concret : sur la page d'un article, lorsqu'on publie un commentaire ou rafraîchit la page, la liste des commentaires non lus est perdue ! C'est d'autant plus frustrant qu'on ne peut s'empêcher de se demander « et si je venais de passer à côté du commentaire le plus lumineux intéressant de tout LinuxFr.org !? »

Hé oui, vous être nombreux à trouver que les commentaires peuvent s'avérer un complément utile aux articles. Hélas, les « querelles de clochers » parfois prennent le pas sur l'objet de l'article. Il y a enfin les fameux trolls, que l'on pourrait classer dans deux grandes familles : ceux qui font des blagues légères ou geek et contribuent à la bonne ambiance du site, et les autres. Autant d'inconvénients que le système de notation ne semble pas résoudre tout à fait.

Plus anecdotique, plusieurs personnes ont déploré l'absence des commentaires dans les flux Atom (RSS), ce qui est particulièrement fâcheux pour qui vient consulter le forum. Ça nous a interpellé parce que c'est une fonctionnalité qu'on pensait disponible, et à y regarder de plus près, ce n'est pas si évident… Comme ce changement semble assez mineur, on a ajouté une entrée de suivi

Du bon usage de la langue

Nombreuses sont les personnes à déplorer la place prise par les discussions ergotant sur le bon usage de la langue française. Même lorsqu'il n'y a pas débat, on observe fréquemment que les premiers lecteurs corrigent les erreurs qu'ils peuvent déceler dans l'article qu'ils viennent de lire. C'est à double tranchant : d'une part ça améliore le confort de lecture pour les personnes qui bénéficieront de la version corrigée, d'autre part ça produit l'effet inverse pour qui va lire les commentaires, car les premiers fils de discussion sont fréquemment occupés par des remarques sur la forme. Une réflexion sera donc à mener sur comment permettre de contribuer à la correction des articles déjà publiés, sans que cela n'occupe un espace proéminent dans les discussions.

Le diable se niche dans les détails.

Certaines des réponses à l'enquête portaient sur des points très précis de l'interface web.

On nous a fait la remarque que les « sites amis » n'étaient pas tellement mis en valeur. C'est pas faux : une liste à points en pied de page. La remarque pourrait s'étendre à l'équipe du site, qui ne rend pas tellement hommage au travail des bénévoles qui s'impliquent — de diverses manières et à des degrés divers — pour faire tourner la boutique.

Autre chose. Ainsi que vous pourrez les constater au bas de cet article, se trouve entre parenthèse un compteur de commentaires. Accolé à lui se trouve un lien « Oublier ». On peut imaginer que ces deux éléments sont liés, et que le lien permet d'« oublier » quels commentaires ont été lus. Les téméraires qui oseront s'aventurer à cliquer dessus pourront constater qu'il n'en est rien : le lien permet de marquer l'article comme « non lu ».

Bien sûr, on portera notre attention à toutes ces petites choses qui peuvent contribuer à la satisfaction des visiteurs.

Contribuer, une affaire de niveau ?

Lorsque nous cherchions à comprendre ce qui pouvait dissuader ou rebuter les personnes envisageant publier des articles sur le site, plusieurs réponses sont ressorties. Bien sûr, il y a les gens qui n'ont pas le temps, ou préfèrent le consacrer à autre chose. Il y a les éternels procrastinateurs, assez peu nombreux en proportion. Et puis il y a ceux qui insistent sur un point : s'ils ne contribuent plus aujourd'hui, ils ont déjà publié des articles sur LinuxFr.org par le passé. Pourquoi ne publient-ils pas à nouveau ? Parce qu'ils ont vécu l'accueil qui a été fait à leur écrit comme violent. Cette violence s'exprime notamment à travers le système de notation, conçu pour que les comptes trop sanctionnés par des notes négatives ne soient pas seulement dissuadés mais carrément empêchés de publier.

Plus encore que le système de notation, la perspective de donner lieu à des commentaires cinglants / inutiles / nuisibles / immatures et à des querelles interminables est une crainte très largement partagée !

Toutefois, passer du rôle de lecteur à celui d'auteur semble être en soi une étape, un pas à franchir. Le plus gros obstacle à franchir ? L'écart entre les connaissances que les lecteurs estiment avoir et les connaissances qu'ils perçoivent comme nécessaires pour publier un écrit intéressant. Ce qui se traduit par « j'ai pas le niveau ». Sur 235 réponses, 42 évoquent manquer de connaissances, compétences, technicité, maîtrise ou de légitimité pour participer aux publications. Cela ne paraît pas absurde, après tout : on sait que nos visiteurs ne sont pas tous des professionnels de l'informatique.

Il y a deux raisons pour lesquelles cette explication n'est pas satisfaisante. La première est que sur les 42 personnes qui estimaient ne pas être en capacité de contribuer aux rédactions, 28 déclarent suivre une formation ou exercer une activité bénévole dans l'informatique. La seconde est que les publications sur LinuxFr.org sont diversifiées, aussi bien dans leur nature que dans leurs thématiques : elles vont de la traduction de ressources techniques (les entrailles du nouveau Firefox avec Quantum Render, le développement en Rust autour de Gstreamer à l'annonce de différents projets libres (musique assistée par ordinateur avec Librazik 2, jeu vidéo avec Enigmaki, infographie et dessin-animé avec GIMP et Ze Marmot…) en passant par des revues de livre et des présentations d'applications pour android.

Paradoxalement, c'est peut-être cette diversité qui pousse les lecteurs à se questionner sur leur légitimité pour participer aux rédactions : certains perçoivent une hausse de la technicité des articles, d'autres déplorent sa baisse ! À qui LinuxFr.org doit-il s'adresser en priorité ?

Pour favoriser de nouvelles participations, l'enjeu est donc multiple. D'une part casser la fausse idée que la communauté de LinuxFr.org serait composée exclusivement d'experts. D'autre part, admettre que participer aux rédactions est justement un moyen de développer ses connaissances sur des sujets précis. Enfin, permettre à chacun de trouver facilement les rédactions collaboratives en lien avec ses centres d'intérêts et domaines de prédilection, plutôt que d'obliger à farfouiller parmi plusieurs dizaines d'articles en cours de rédaction, comme c'est le cas aujourd'hui.

Limites de l'enquête

On le savait par avance, la méthode employée (le formulaire à remplir en ligne) ne permet aucun dialogue, alors qu'on aurait eu besoin de faire préciser certaines réponses qu'on était pas sûrs de bien comprendre. Cependant le formulaire nous a permis de toucher un grand nombre de personnes, et nous avons choisi de fermer l'enquête assez rapidement afin de pouvoir décortiquer toutes les réponses qui avaient été soumises.

Si c'était à refaire, on pense que le formulaire était une bonne approche, qu'on aurait sans doute pu mieux utiliser. Comme cela a été signalé, effectivement, on a oublié les forums dans le questionnaire à choix multiples sur les fonctionnalités utilisées. On aurait été curieux de savoir qui possédait un compte ou non, ou plusieurs comptes (alors que c'est interdit). Depuis combien de temps les gens connaissaient LinuxFr.org aurait été une donnée à croiser avec la perception qu'ils ont du site, de façon particulièrement intéressante. On avait voulu laisser beaucoup de liberté aux participants, mais être plus restrictif par endroit aurait pu faciliter l'analyse. Enfin, on s'est rendu compte que certaines de nos questions étaient trop vastes : plutôt que demander pourquoi vous ne participiez pas « aux publications », on aurait peut-être dû affiner et distinguer « rédiger des actualités complètes » d'une part, « participer aux rédactions collaboratives » d'autre part, « publier des billets de blogs », etc.

Malgré ces limites, on pense avoir atteint l'objectif qu'on s'était fixé : les informations recueillies sont un support utile pour concevoir les évolutions et les prioriser.

Remerciements

Vous avez habilement rempli les quelques cases qu'on avait aménagées, vous nous avez proposé votre aide pour décortiquer les réponses, vous vous êtes portés volontaires pour jouer les cobayes sur ce qui pourrait être la prochaine interface du site : merci ! Et pour votre patience, aussi.

Personas et scénarios

À partir des réponses collectées, on a tenté de dégager quelques traits caractéristiques qui pouvaient apparaître fréquemment. De là, nous avons constitué des personas, c'est-à-dire des personnages fictifs dotés de leurs propres motivations et objectifs. Nous associons ensuite à nos personas des scénarios dans lesquels ils cherchent à accomplir des tâches, et ça nous aide dans nos choix de conception.

Les curieux peuvent aller consulter sur GitHub nos personas ainsi que les scénarios.

Cela nous a notamment conduit à mettre de côté l'idée d'une intégration à l'agenda du libre (mettant en avant les évènements devant avoir lieu dans la zone géographique de l'utilisateur), ou à l'inverse à améliorer le suivi des commentaires (en mettant en avant les commentaires pertinents et en facilitant le suivi des discussions).

On avait envisagé solliciter des volontaires pour réorganiser les rubriques du site ou tester des prototypes interactifs. Les contraintes matérielles font qu'on va sans doute revoir nos ambitions à la baisse : on dispose d'assez peu de logiciel libre pour travailler sur ces aspects. En l'absence d'outils informatique, il reste possible de travailler avec du papier et de bons vieux stylos, mais ça impose de trouver des locaux qui puissent accueillir les participants. Ça demande également du temps, beaucoup de temps : il s'agirait par exemple de rencontrer une quinzaine de personnes pour trier les catégories, ou encore de tester les prototypes sur des panels de cinq personnes.

Maquettes

Muni d'un bloc de papier et d'un stylo, on a multiplié les croquis pour explorer différentes idées. Pour mieux hiérarchiser les différentes informations susceptibles d'apparaître à l'écran, la majorité des croquis visaient des ordinateurs de poche.

Ouvrir le site à de nouvelles participations

Dans le but de rendre limpide l'articulation des différentes sections du site, on a opté pour un vocabulaire qui ne s'adresse plus seulement aux initiés deLinuxFr.org. Une nouvelle page d'à-propos renseigne sur l'objet de LinuxFr.org, ce qu'on peut trouver sur le site et ce que l'on peut y faire.

Parcours à propos : 

Encourager la participation aux rédactions

Un espace de rédaction individuel donne la possibilité de travailler sur plusieurs articles et billets de blogs. Dans l'espace de rédaction collaborative, on met l'accent sur la variété des thématiques pour encourager la participation de chacun et chacune aux sujets qui l'intéresse.

Parcours de rédaction : 

Favoriser les interactions entre les membres

En permettant à ses membres de référencer (par exemple) leurs dépôts GitLab, clés GPG et autres comptes Mastodon, LinuxFr.org met en valeur la diversité de sa communauté et l'aide à tisser des liens, aussi en dehors du site.

Parcours blogs : 

Faciliter le suivi des conversations

Sur les contenus, le système de commentaire est enrichi d'une méthode de filtre supplémentaire, qui permet de n'afficher que les commentaires qui ont été jugés pertinents par la personne à l'origine du contenu. Les commentaires de cette personne sont de plus mis en évidence.

Maquette réponses à votre commentaire : 

Un nouveau système de notification aide à suivre les conversations auxquelles on participe (qu'il s'agisse des commentaires ou de la messagerie instantanée dans l'espace de rédaction).

Maquette notifications : 

Une interface adaptée aux différents écrans

Enfin, l'interface doit s'adapter aux formats d'écrans les plus communs. Ainsi, la page d'accueil sur grand écran pourrait donner quelque chose comme ça sur les plus petits :

La suite

On avait fait pas mal d'aller-retour avec l'équipe de LinuxFr.org, et itéré en fonction des discussions. On serait heureux de procéder à des itérations supplémentaires sur la base des critiques constructives qui ne manqueront pas d'apparaître. On reconnaît volontiers qu'on a des talents très limités en matière d'esthétisme : choix des illustrations, des couleurs, des polices, style des boutons… tout cela reste à définir.

Voilà la direction dans laquelle on se propose donc de creuser. La décision d'implémenter ou rejeter ces travaux appartient à l'équipe du site, dont je ne fais aucunement partie. Si parmi la communauté LinuxFr.org, il y a des volontaires pour prêter main forte à Bruno et développer cette évolution du site, n'hésitez pas à vous faire connaître dans les commentaires !

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Freecad 0.17

Mercredi 23 Mai

FreeCAD est un logiciel de conception 3D CAD (Computer-aided design) en conception paramétrique. Totalement Open Source sous licence LGPL, FreeCAD est destiné à un vaste public, de l'ingénieur/désigner mécanique à l'utilisateur d'une imprimante 3D désirant concevoir une pièce en passant par l'architecte bâtiment. De plus il dispose d'une communauté réactive et de nombreux tutoriels facilement trouvables sur l'internet (par exemple en vidéo sur Youtube).

Après 2 ans de développement depuis la 0.16 et pas moins de 6800 commits la version 0.17 est sortie le 6 Avril. Ce travail correspond à peu près à 3 fois celui effectué entre la 0.15 et la 0.16. Cette version apporte donc des changements assez importants sur de nombreux outils.

Survol des améliorations et modifications
  • Un manuel utilisateur a été écrit par Yorik van Havre ; il dispense une très bonne introduction aux fonctionnalités élémentaires de Freecad. Il couvre la version 0.16 et il est traduit en français.

  • L'atelier conception de pièces (PartDesign) a été complètement refondu et repensé, il est plus ergonomique et propose plus d'outils.

    Notons de nouvelles fonctionnalités additives et soustractives, ainsi que des entités de référence utiles pour placer des esquisses, l'alignement et servir d'axes de révolution ; et la nouvelle commutation automatique entre PartDesign et Sketcher.

  • L'atelier d'esquisses (Sketcher) a lui aussi beaucoup évolué, par exemple il permet maintenant la création de B-spline ainsi que d'arc d'hyperbole et d'arc de parabole. Les esquisses peuvent maintenant être attachées à d'autres faces que celles planes, un nouvel outil "Carbon Copy" permet de copier la géométrie d'une autre esquisse…

  • L'atelier Part n'est pas en reste côté améliorations, Le noyau Open Cascade passe de la version 6.8.0 à la version 7.2.0. De nouvelles fonctionnalités permettant de directement créer des solides composites (compsolids). L'outil d'extrusion prend désormais en charge plus de directions tels que la normale paramétrique ou encore le bord lié.

  • Un nouveau gestionnaire d'extensions facilite grandement l'installation des modules complémentaires.

  • Le nouvel atelier dessin technique / plan (TechDraw) tout juste arrivé propose déjà plus de fonctionnalités et il est plus ergonomique que son prédécesseur (Drawing). Ce dernier est toujours disponible, mais sera supprimé dans le futur.

  • L'atelier architecture n'est pas en reste, côté ajout on note un nouvel ensemble d'outils pour la tuyauterie et l'outil tableur entièrement ré-écrit.
    Lors du GSOC 2017, l'outil ferraillage a été considérablement amélioré.

  • Le module FEM (analyse d'éléments fini) a lui aussi pas mal évolué. Outre le quasi portage vers Python3 et les corrections de bugs, on peut noter l'ajout d'un "Solver framework" écrit à partir de zéro lors d'un GSoC, ainsi que "Gmsh" pour la gestion des maillages (Mesh) qui permet d'utiliser l'outil Gmesh à l'intérieur de FreeCAD.

  • De nombreux modules additionnels d'ergonomie et de nouvelles fonctionnalités ont fait leur apparition, dont un permettant aux utilisateurs de l'excellent Kicad d'utiliser des fonctionnalités de Freecad.

  • Freecad 0.17 propose bien d'autres joyeusetés, dont la liste exhaustive est visible sur la page dédiée aux notes de cette version.

Conclusion

Un bon logiciel, puissant, permettant aux amateurs de s'initier a la conception 3D et aux initiés d'effectuer des opérations complexes en toute liberté. Sa communauté dynamique ainsi que la documentation riche et fournie (et souvent traduite dans la langue de Molière) en font un incontournable du logiciel libre.

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