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Mais où est donc la révolution des imprimantes 3D ?

Samedi 6 Février

Depuis quelques temps déjà on nous annonce la révolution des imprimantes 3D. Mais, dans notre vie quotidienne, toujours rien ! Mais où est donc cette révolution ?

Ceux qui possèdent une imprimante 3D ont une approche un peu différente de la consommation. Par exemple, Sophie de chez Ckab s'est fabriquée un autre bouton de pantalon, certains ont facilement réparé leur chasse d'eau ou un autre objet en plastique. La plupart des objets deviennent réparables :-)

Pour les professionnels aussi c'est une approche différente, par exemple en cuisine, remplacer le plastique par une pâte, comme la pâte à pain ou une pâte de chocolat.

Et cette révolution est d'autant plus importante qu'elle est animée par l'esprit du partage et de l'open hardware.

Sommaire La révolution en marche

De plus en plus de particuliers s'offrent une imprimante 3D (~1000€), de plus en plus d'entreprises se créent sur ce secteur, les passionnés s'organisent en fablabs et des objets libres peuvent être dupliqués :

Il y a aussi la possibilité de faire du prototypage rapide pour les projets industriels, beaucoup plus facilement et rapidement. Par exemple, le projet de caméra cinéma ouverte Apertus AXIOM a pu créer des prototypes de son futur boîtier en taille réelle.
Cela ouvre la création hardware, même à objectif final professionnel et industriel, à bien plus de gens.

Bientôt, au lieu de jeter un appareil électroménager, nous pourrons fabriquer la pièce défectueuse… À condition que les plans des objets soient librement disponibles. (Oui c'est vrai : combien de fois, un petit élément en plastique se casse, comme dans sa chasse d'eau, et plus rien ne fonctionne correctement).

Et c'est bien cet esprit de matériel ouvert qui permet d'éviter que des industriels monopolisent l'innovation en brevetant les systèmes. Ainsi le projet RepRap partage sous licence libre des imprimantes 3D qui sont capables de s'auto-dupliquer, excepté les tiges métalliques et circuits électroniques (mais cela viendra peut-être).

En pas libre, des sociétés proposent d'imprimer des objets proposés par des créateurs très geeks matheux comme des fractales 3D, des polygones réguliers, et autres pavages hexagonaux projetés à la bougie … Il devient aussi possibles d'imprimer des figurines pour les geeks de types board game … ouvrant la voix à un modèle économique pour le jeu de plateau libre ?

Retour aux sources

Les RepRaps sont nées de l'idée d'un professeur anglais qui a décidé que cette impression 3D, inventée même avant le noyau Linux, devait l'être pour tous. L'engouement des passionnés a fait le reste et, devant ce succès, sont nées des machines grand public prêtes à l'emploi. Mais ce sont bien les RepRaps qui ont permis deux choses :

  • Rassembler des citoyens pour défendre la liberté de créer des objets
  • Définir les standards techniques

Dans ce domaine, le monde du Libre joue, avec des leviers considérables, de tous ces atouts (rapidité et flexibilité des modèles, contributions ultra-actives, recherches pointues et audacieuses !), laissant souvent derrière les industriels les plus motivés. Et c'est tant mieux car cela a déjà permis d'imposer le consommable sous forme de bobine et non pas en cartouches munies de puces ! Rien que ça, c'est une titanesque victoire !

États des lieux entre brevets et communautés libres

D'un côté nous avons de plus en plus d'entreprises qui se créent pour répondre aux besoins d'autres entreprises et institutions de créer des objets décoratifs, intelligents et connectés. C'est le cas de la jeune start-up CKAB qui a bien voulu répondre à nos questions.

Il y a aussi les fabricants d'imprimantes 3D qui sont tentés de déposer des brevets pour affaiblir les marges d'innovation des concurrents, puis monopoliser le marché pour pratiquer ses propres tarifs, et ainsi pérenniser/augmenter leurs revenus. Tous les industriels n'ont pas ce comportement, mais comme d'autres le pratiquent (et que c'est légal), pourquoi s'en priver ?

Parmi les concurrents, de l'autre côté, nous avons les particuliers qui s'émancipent et partagent librement leur passion. Ce sont des communautés rassemblées le plus souvent en fablabs. Mais aussi, des particuliers qui s'équipent chez eux tels des artisans.

Tous ne viennent pas du monde du logiciel libre (pour ne pas dire presque pas). Mais tous ont goûté la satisfaction de l'entraide, du partage des sources et des bienfaits de l'open hardware.

C'est le cas de Jean-Philippe qui a bien voulu nous répondre à nos questions. Jean-Philippe est en train de créer son entreprise pour proposer la conception/réalisation d'objets à partir d'imprimantes 3D.

Entretien avec Romain Pouzol, directeur des opérations de la société CKAB

Cette jeune start-up CKAB est revendeur officiel de la marque d'imprimantes 3D Makerbot et propose également la conception et la fabrication d'objets plus ou moins complexes.

D'où est venue l'idée de créer CKAB ?

Lorsque le matériel open-source (ou libre, attention #troll_inside) est apparu, porté par l’émergence du financement participatif, non seulement on a relativement1 décloisonné certaines technologies mais en plus et surtout, on a ouvert un univers d’usages collaboratifs, circulaires, inédits et virtuellement infinis.
En d’autres termes, l’OSHW nous a donné le pouvoir de dématérialiser, de transformer et de re-matérialiser notre environnement physique.

Dès lors, nous avons commencé à explorer cet univers des possibles, d’abord par la voie de la petite électronique open-source par le biais de notre e-shop Hackable-Devices (transféré et intégré depuis sur CKAB.io) puis par la voie des imprimantes 3D de bureau.
Pour être tout à fait clair, ce n’est pas la Technologie en tant que telle qui nous intéresse au premier plan, ce sont les usages que l’on peut en faire et sur ce point, je ne vois pas comment le monde privatif pourrait rivaliser, à terme, avec le monde ouvert.

À titre plus personnel, ce sont plus particulièrement les répercussions au plan politique — au sens strict du terme — qui m’intéressent. Je vois en l’impression 3D la même lame de fond « d’empowerment » des masses que celle que l’on a connue avec les médias sociaux, à la différence près que cette fois, on fait disparaître toute frontière entre environnement matériel et immatériel. Ma conviction est que si les ténors du secteur n’embrassent pas dès maintenant le phénomène de la fabrication numérique, les consommateurs le feront pour eux et là, oui, les industriels souffriront.

CKAB se définit aujourd’hui comme « l’agence de la fabrication numérique et des objets intelligents » et il suffit de nous rendre visite (1 place Saint-Gervais – 75004 Paris) pour se rendre compte que, si nous sommes une entreprise commerciale et non un FabLab, notre environnement ressemble plus au laboratoire du professeur Tournesol qu’à de cliniques bureaux d’import/export d’électronique.

Quelle est la première activité ou l'activité la plus lucrative ?

Au début de l’activité, les ventes d’imprimantes 3D portaient la société. Sauf erreur de ma part, CKAB a été, avec notre partenaire belge de l’époque, l’importateur historique de MakerBot en Europe. On a donc la petite fierté de compter parmi les rares à avoir mis les mains sur les cinq générations de machine… et à les avoir bien modifiées.
Aussi fou que cela puisse paraître, je crois que nous sommes les seuls à avoir pris la peine de, par exemple, traduire l’interface de la machine en français. Ce n’était clairement pas un immense exploit mais le plus cocasse est qu’aucun de nos confrères ne semble s’être donné la peine de reprendre notre travail pour un portage en allemand, espagnol, etc.
C’est assez révélateur de l’état d’esprit du marché. Cela était prévisible mais reste dommage.

Aujourd’hui, ce sont nos activités de conseil et d’évènementiel qui sont les plus importantes. Non pas que nous ne vendons plus de machines mais plutôt que l’acquisition du matériel intervient en fin de parcours.
Nous avons dorénavant affaire au responsable du bureau d’étude, au CTO voire à des achats stratégiques décidés au niveau de la direction générale. Dans le secteur public, nous sommes passés d’achats isolés de tel ou tel collège/lycée à des investissements portés par des Régions, des académies ou encore des Ministères.

Les équipements sont donc plus réfléchis mais ne nous y trompons pas, les entreprises restent très souvent perdues dans la jungle.
C’est sur ce point que nous intervenons : établir la (non-)pertinence directe de ces technologies pour l’entreprise, les accompagner dans une phase exploratoire en prototypant produit ou service, et enfin, si nécessaire, les équiper avec le matériel adéquat et former les collaborateurs.
CKAB représente aujourd’hui une cellule de veille technologique qui performe parce qu’elle dispose d’un savoir et d’un savoir-faire tant du côté software que du côté hardware.

Pour autant, si l’on a travaillé dur pour gagner la confiance de groupes tels que Safran, Air Liquide, Chanel, Auchan, Renault (…), nous ne voulons surtout pas perdre les relations que nous entretenons avec les PME et les artisans car ce sont aussi voire surtout ces entreprises qui, de par leur souplesse inhérente à leur taille, sont à la source de l’innovation dans notre cher pays.
Et quitte à paraître un peu prétentieux, je pense qu’assez rares sont les entreprises qui peuvent se permettre ce grand écart…surtout quand on est une équipe qui vient tout juste de passer à 3 personnes :-)

À quel point le secteur est-il en croissance ?

La recherche est très active, en particulier dans le domaine de la santé. L’avenir (15~25 ans) nous réserve de très belles choses.
On parle d’impressions de tissus vivants, d’organes, de prothèses et si l’on a un peu d’imagination et que l’on associe la bio-impression 3D aux nanotechnologies, on verse rapidement dans l’humain augmenté, le trans-humanisme, la fameuse singularité.
À ce niveau expérimental, l’open-source fonctionne à plein régime et m’est avis que si 2016 verra de nombreux FabLabs et assimilés fermer, on verra également un essor de lieux tiers orientés biologie tels que le bio-hackerspace « La Paillasse » à Paris.

La recherche un peu plus appliquée est également en ébullition depuis quelques années. Il reste de nombreux obstacles à lever et tous ne sont pas de nature technique mais, globalement, les efforts sont portés sur le passage du prototypage à celui de la production d’objet fini ; qu’il s’agisse d’outillage rapide ou de sous-ensembles présents dans des biens de consommation.

Au niveau des particuliers, certes les machines s’améliorent et peuvent se simplifier — ce qui est souvent synonyme d’un enfermement dans une prison dorée avec une perte de contrôle conséquente sur le matériel — mais il n’y a pas de révolution. On reste par exemple toujours ou presque sur du dépôt de filament fondu donc une seule matière et une seule couleur.
À ce niveau, l’Open-Source est moteur avec tout ce que cela sous-entend en termes de collaboration. Il suffit d’examiner l’arbre généalogique du mouvement RepRap pour s’en rendre compte : plus de 400 projets et encore, cela ne couvre que 2006-2012 !

Et je ne parle même pas des machines qui tirent parti du firmware open-source Marlin mais qui ne sont pas des RepRap pour autant car pas OSHW.

À côté de cela, je fais partie des personnes qui ne pensent pas que chaque famille Michu aura une imprimante 3D chez soi à court voire à moyen terme.
En effet, même si l’on pose l’hypothèse que le matériel sera accessible financièrement et techniquement parlant, même si l’on admet que les matériaux seront disponibles pour tous, reste la question de la CAO.
Dessiner un objet véritablement utile en 3D est quelque peu plus complexe que d’ouvrir son traitement de texte…
Certes des solutions logicielles apparaissent mais ce n’est pas la panacée.
En ce sens, les machines qui clament haut et fort un comportement plug’n play sont soit de quasi-jouets soit sont techniquement capables mais tellement castrées par un logiciel privatif que leur usage est des plus restreints.
Au niveau de cette dernière strate, on voit donc beaucoup d’agitation mais beaucoup moins de choses réellement innovantes, fonctionnelles et pérennes ; ce qui est normal car elles appellent un marché qui ne répond pas.

De là à dire que l’impression 3D n’impactera jamais le grand public, il y a un pas que je me garde bien de franchir. Nous avons quelques idées mais ça, c’est une autre question… ;-)

Y a-t-il de la place pour d'autres entreprises dans ce secteur ?

Le marché de la distribution de matériel est devenu très concurrentiel, malheureusement parce que certains ont évidemment fait le choix de la chasse au dernier euro au détriment de la qualité du matériel et du service, ce qui a tiré une bonne partie du marché vers le bas.
Démarrer aujourd’hui une activité de revente de machines me semble donc compliqué.

Par contre, il y a encore de la place dans le secteur de la conception de machines même si partir la fleur au bout du fusil avec un produit minimum viable (MVP) financé par crowdfunding est aujourd’hui relativement illusoire.

Quelle est la philosophie de Makerbot ?

Avant son rachat par Stratasys (2e acteur mondial) en 2012 pour 400 M$, Makerbot travaillait pour et avec les Makers. Grosso-modo, on peut dire que si l’on cherchait une machine de bureau qui fonctionne bien pour en faire un usage professionnel, il n’y avait que MakerBot qui comptait.

Depuis le rachat, il y a eu de nombreux changements de stratégie et de direction générale, la ligne directrice est plus floue. Trop souvent les produits n’ont pas été en phase avec le marketing.
En guise d’exemple, CKAB ne vend quasiment pas d’imprimante 3D MakerBot de 5e génération, nous préférons l’avant-dernière génération : moins chère, plus silencieuse, plus rapide, plus évolutive, plus performante.
Ces machines de 4e génération sont par ailleurs toujours open-source au niveau du firmware et nous les avons bien transformées au niveau matériel ce qui fait que même 3 ans après leur sortie, les Replicator2 améliorées par CKAB comptent toujours parmi les meilleures machines du marché.

Je ne vais pas m’attarder sur les dessous de l’affaire, je vous conseille de lire ces quelques articles :

Quelle est la part de marché de Makerbot ?

Je ne saurais dire précisément. Je pense qu’ils sont toujours les premiers au plan mondial même si la 5e génération de machines leur a fait du mal. Quoi qu’il en soit, ils ont les ressources pour atteindre leurs objectifs.

Quelles relations avec l'open hardware, les licences libres, les forums d'entraide, les fablabs ?

Si l’on parle de MakerBot, plus aucune à ma connaissance depuis le rachat par Stratasys.

Si l’on parle de CKAB, nous ne sommes pas des sectaires du Libre ou du propriétaire mais tant que faire se peut, on essaye de travailler avec des composants ouverts, qu’il s’agisse de logiciel ou de matériel.
Quand on développe des prototypes d’objets intelligents pour nos clients, il ne s’agit pas forcément de payer moins cher telle ou telle brique logicielle ou matérielle mais plutôt de bénéficier de documentation, de souplesse d’utilisation, de partage (…) bref d’efficacité.

Quant à donner en retour, on privilégie les actions concrètes sur le terrain plutôt qu’en ligne : atelier de soudure, prix doux pour fablabs, etc.

Que conseiller aux lecteur de LinuxFr.org pour s'y mettre ?

Tout dépend de ce que vous cherchez. Si vous souhaitez vous amuser à bidouiller – au sens noble du terme – une imprimante 3D, alors on pourra vous conseiller mais CKAB ne sera probablement pas votre interlocuteur commercial.
Par contre, si vous préférez avoir un outil stable bien qu’ouvert donc évolutif et vous concentrer sur les objets qui sortiront de votre machine, alors on sera probablement beaucoup plus en phase.

En ce qui concerne l’électronique, nous avons quelques joyeusetés en boutique mais nous ne cherchons pas à concurrencer selectronics ou sparkfun. Nous avons des compétences de sourcing, de dev soft et hard donc on peut accompagner pas mal de projets.

En tout état de cause, je recommanderais une bonne dose de patience enrobée de logique, quelques épices de passion voire de folie, le tout baignant dans un nuage d’imagination.

N’hésitez pas à nous rendre visite, sur rendez-vous :

  • 1 place Saint-Gervais – 75004 Paris, chez les Compagnons du Devoir,
  • Métro Pont-Marie ou Hôtel de ville.
  • Tel : 01 85 09 96 42
  • Courriel : contact@ckab.io
Faire ses premiers pas, la communauté, les fablabs Avantages et inconvénients de l'impression 3D Technologies actuelles

Les imprimantes 3D sont utilisées depuis plusieurs décennies pour la réalisation de prototypes. En effet, de manière générale, une pièce mécanique est d'abord conçue en CAO, prototypée, puis modifiée pour pouvoir la produire grâce aux méthodes traditionnelles (extrusion, moulage, etc.).

Aujourd'hui, que ce soit par stéréolithographie ou SLA, frittage sélectif par laser ou SLS, ou tout autre procédé dit additifs, voici les avantages :

  • possibilité de créer des pièces infaisables autrement (sphères internes, porosité pré-calculée, etc.)
  • rapidité relative pour la création de pièces à petit tirage ;
  • coûts en chute libre ;

Néanmoins, les impressions 3D ne sont pas très utilisées pour produire massivement pour plusieurs raisons :

  • lenteur pour produire des pièces à la chaîne ;
  • consommation énergétique très élevée ;
  • sécurité particulière (atmosphère sous Argon pour certains processus, toxicité des poudres nanométriques nécessaires en intrants, etc.).

En outre, toutes les technologies additives fabriquent des pièces non-isotropes, et mécaniquement peu viables. En effet, une pièce mécanique possède ainsi une résistance différente dans la direction perpendiculaire au plan d'impression par rapport au plan d’impression. L'état de surface est rugueux par définition, mais l'état interne est identique.

Or, il est connu des mécaniciens que tout angle vif est le siège le plus propice d'un développement d'une fracture de la pièce : il est possible d'utiliser cette propriété pour faire en sorte qu'une pièce casse à un endroit privilégié, et ainsi augmenter la sécurité. Mais avec une pièce contenant des irrégularités internes partout, il est impossible de faire confiance à cette pièce.

Demain

Ne nous voilons pas la face : tant qu'il faudra plusieurs heures ou jours pour fabriquer un produit, il est peu probable que cette technique s'impose pour la production de masse.

Néanmoins, on voit émerger de nouveaux produits tels ceux de l'entreprise Carbon3D qui permettent de produire des objets en polymères quelconques (même élastiques), de manière continue (aucune strate affaiblissante), et surtout de 25 à 100 fois plus rapidement (inspiré par Terminator 2).

Bref, les possibilités restent limitées par l'imagination humaine, mais j'attends personnellement que quelqu'un vienne avec une batterie où les anodes et cathodes sont des fractales tridimensionnelles pour faire un petit bond en densité d'énergie !

Conclusion : gare aux brevets !

Les années 90 ont vu le grand public s'équiper d'imprimantes 2D (encre sur papier). Un phénomène similaire peut aussi de se produire avec les imprimantes 3D, propulsant le grand public dans l'économie du partage. La révolution serait alors la possibilité de créer/partager pour un coût "abordable".

Comme pour le logiciel libre, le succès viendra des réseaux sociaux de partage des sources comme github. Mais comme le logiciel libre, la menace est celle des brevets qui risquent de verrouiller l'innovation.

C'est déjà le cas avec les codecs : nous en sommes toujours au JPEG standardisé en 1992 et le grand public ne profite pas librement des avancées majeures des Jpeg2000/…/HEVC car quelques pays puissants (USA, Japon) autorisent les brevets logiciels.

Et dans le monde des imprimantes 3D c'est pire, car les brevets matériels sont autorisés, même en Europe.

Donc ce sont les libertés des citoyens qui se jouent dans cette révolution. Est-ce que le grand public s'appropriera ces nouvelles technologies des imprimantes 3D et entrera dans l'économie du partage. Ou est-ce que nos gouvernements se laisseront séduire par les lobbies pour verrouiller le marché ?

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Présentation d'OpenStack

Vendredi 5 Février

OpenStack, vous connaissez ? Virtualisation et nuage/cloud, ça vous dit quelque chose ? Si vous n'êtes pas un expert, vous voulez sans doute en savoir un peu plus. Cet article est fait pour vous.

Nous allons rappeler ce qu'est un cloud, les différents types de cloud, et où se situe OpenStack. Ensuite nous ferons une présentation d'OpenStack et de ses différents services.

La version d'OpenStack baptisée Kilo est sortie le 30 avril 2015. Elle incluait à cette date un nouveau service : Ironic. Le 16 octobre 2015, ce fut le tour de la version Liberty. D'autres sont à venir à commencer par Mitaka annoncé pour le 7 avril 2016. Pour mémoire, la première lettre du nom de version suit l'alphabet latin.

Cet article a pour but de faire une présentation assez rapide d'Open Stack et de servir de référence aux prochains articles, en particulier lors de la sortie de Mitaka en avril.

NdM : cette dépêche est incomplète, elle a longtemps traînée en rédaction. Elle a cependant le mérite de proposer un rare tour d'horizon. Les modérateurs la publie en comptant sur l'excellence de vos commentaires pour nous raconter les évolutions depuis la version Kilo.

Sommaire Les différents clouds Qu'est-ce que le Cloud Computing ?

Le Cloud Computing est un concept fourre-tout. C'est le fait d'utiliser de la puissance de calcul ou de stockage de serveurs informatiques distants par l'intermédiaire d'un réseau, avec certaines caractéristiques comme la disponibilité, l'élasticité, la mutualisation et le paiement à l'usage.

Le plus souvent il s'agit d'un service informatique extérieur à l'entreprise. Cela est donc une façon d'économiser des moyens humains en informaticiens et de les remplacer par un service externe qui peut gérer au besoin une demande importante.

Prenons un exemple pour bien comprendre : le cas d'une suite bureautique. Pour l'entreprise, il y a 2 manières de gérer l'utilisation d'un traitement de texte :

  • Installer sur les postes clients un traitement de texte et payer éventuellement les licences qui vont avec (Microsoft Office 2013, LibreOffice).
  • Utiliser un traitement de texte via un navigateur web (exemple : Microsoft Office 365, Google Doc, Etherpad instancié sur le Framapad).

La première méthode est moins souple, car l'entreprise paie les licences même si le logiciel n'est pas utilisé ; alors qu'avec la seconde, le paiement est à la demande. Par ailleurs, il n'y a pas la phase d'installation du logiciel qui permet d'économiser du temps. Par contre les données sont externalisées, ce qui peut poser des problèmes de sécurité et de confidentialité.

L'exemple qui vient d'être évoqué est un SaaS : Software as a Service/logiciel en tant que service

Mais il y a différents degrés d'informatique en nuage.

On peut faire l'analogie pour manger une pizza :

  • La méthode "à la maison" : on achète les ingrédients, on les cuisine et on met la table. C'est la méthode traditionnelle. L'acheteur (entreprise ou particulier) contrôle tout et en a les compétences.
  • La méthode "à emporter puis cuisiner" : on te fournit les ingrédients. C'est à toi de les cuisiner à ta manière et de s'occuper du reste. L'entreprise en tant qu'utilisateur n'a pas à s'occuper des matières premières mais elle a le contrôle du reste. En cloud, c'est IaaS : Infrastructure as a Service/infrastructure en tant que service, avec les compétences afférentes
  • La méthode "pizza 30 minutes" : on appelle un vendeur de pizza. Il ne reste plus qu'à s'occuper de l'accompagnement et de la table. Dans le nuage, c'est PaaS : Platform as a Service/ plate-forme en tant que service
  • La méthode "pizzeria" : on entre dans une pizzeria et on n'a rien à prendre en charge (ou presque). En cloud, c'est SaaS : Software as a Service/logiciel en tant que service.

OpenStack est un ensemble de logiciels libres permettant de déployer un cloud orienté IaaS, mais il est de plus en plus possible de faire un PaaS.

Cloud privé vs public

Le cloud public est un cloud qui permet à l'entreprise d'externaliser ses moyens. Il y a donc moins d'informaticiens à embaucher. L'entreprise doit par contre payer une autre entreprise et perd le contrôle de l'infrastructure et les données.

Exemple IaaS public connu : Amazon EC2, Windows Azure, RackSpace et CloudWatt.

Le cloud privé est un cloud qui permet de ne pas perdre le contrôle de l'infrastructure et des données tout en améliorant la qualité de service. Ce type de cloud est de plus en plus utilisé dans les grandes entreprises. Cela demande des compétences en interne.

Exemple IaaS privé connu : OpenStack, OpenNebula.

Il y a aussi le cloud hybride qui permet d'utiliser les avantages du cloud privé et du cloud public.

Avec un cloud hybride, une possibilité est de mettre les données sensibles et importantes dans le cloud privé et le reste dans le cloud public. Une autre possibilité dans l'optique de réduire ses coûts d'exploitation est de dimensionner son cloud privé pour une charge moyenne et d'utiliser le cloud public afin d'absorber les surcharges ponctuelles.

OpenStack Présentation

GNU/Linux est né entre deux projets : le noyau Linux créé par Linus Torvalds et des outils systèmes du projet GNU. De la même manière, l'entreprise Rackspace a créé un service de stockage (Swift) et a besoin d'un système pour la gestion de la virtualisation automatique. Des employés de la NASA créent une solution toute trouvée : Nova. Ainsi, en 2010, OpenStack est né de 2 services : Nova et Swift.

OpenStack est sous licence Apache 2.0, licence de logiciel libre. Elle n'est pas Copyleft.

Historique des versions

Avec un rythme de quatre mois puis de six mois, les versions d'OpenStack sont sorties.

En 2011, le service Nova s'est séparé du service de gestion d'image de machine virtuelle pour créer un nouveau service : Glance.

En avril 2012, un nouveau service apparaît : Horizon. C'est l'interface web qui permet de visualiser les différents services d'OpenStack. Par ailleurs Nova se sépare du service d'identification pour créer un nouveau service : Keystone.

En septembre 2012, la gestion réseau de Nova (nova network) commence à prendre beaucoup trop de place. Un nouveau service apparaît : Quantum. Il sera appelé par la suite Neutron. Par ailleurs, la gestion du stockage bloc de Nova explose et un nouveau service naît : Cinder.

En 2013, deux nouveaux services apparaissent : Heat et Ceilometer. Heat est un service de gestion de l'orchestration. Ceilometer est un service de calcul de consommation de chaque client.

En avril 2014, le service Trove apparaît. C'est un service de gestion d'instance de base de données.

En octobre 2014, le service Sahara apparaît. C'est un service dédié au Big Data.

Technologies communes

Tous les services utilisent Python 2.7. Il y a un projet pour porter vers Python 3.

Chaque service utilise une base de données relationnelle. Par défaut, il utilise MySQL mais il est possible d'utiliser une autre base de données. OpenStack utilise comme ORM : SQLAlchemy.

Pour accéder, modifier une ressource, OpenStack utilise l'API REST qui est basée sur HTTP.

Pour la communication entre les services et à l'intérieur des services, OpenStack utilise AMQP. Par défaut, il utilise l'implémentation en Erlang : RabbitMQ.

Les différents composants Nova

Développé à l'origine par la NASA, c'est le cœur d'OpenStack. Il s'occupe principalement de la gestion des hyperviseurs (ordonnanceur et gestion des machines virtuelles) et du contrôle des ressources (CPU, RAM, réseaux et stockages).

Glance

Glance a été extrait rapidement de Nova pour en faire un composant à entière. Il permet la gestion des images de machine virtuelles (découverte, enregistrement, récupération et états des images).

Keystone

Keystone permet la gestion de l'identification. L'utilisation d'un autre composant dépend de Keystone (accréditation).

Neutron

À l'origine ce composant s'appelait Quantum, il permet la gestion du réseau dans OpenStack. Il a des fonctionnalités réseaux avancées (tunneling, QoS, Réseaux virtuels et équilibrage de charge, etc.).

Avec Nova, Neutron est l'élément où le développement est le plus important (voir les statistiques de stackalystics grâce notamment à l'arrivé de Cisco dans le projet.

Swift

Ce composant permet la gestion du stockage objet. Il a été développé avant OpenStack par Rackspace. Il est ainsi indépendant d'OpenStack et est considéré comme le composant le plus stable. Il peut s'utiliser comme frontend avec le composant Glance.

Le stockage objet est une notion bien différente d'un stockage classique qu'on connaît sur les ordinateurs de bureau. Il n'y a pas de notion de montage de partition par exemple. Mais l'avantage principale de ce type de stockage est la disponibilité, la tolérance aux pannes et un agrandissement du stockage à l'infini. En contre-partie, il est considéré moins performant et beaucoup plus compliqué à paramétrer qu'un stockage classique. Un concurrent à Swift que vous connaissez certainement est Ceph.

Cinder

Ce composant permet la gestion du stockage de type bloc.

Ironic

Ironic est un nouveau composant du projet OpenStack. Il permet la gestion du Bare Metal c'est à dire des véritables ordinateurs et non des machines virtuelles. Il s'occupe ainsi le démarrage et l'extinction des ordinateurs. Il va utiliser des technologies comme PXE, TFTP ou IPMI par exemple.

Horizon

Horizon est une interface web pour la gestion d'OpenStack. Il utilise comme framework Django. Il permet ainsi de visualiser les différents composants d'OpenStack et d'agir dessus.

Heat

Heat est le composant d'orchestration d'OpenStack. Il permet par exemple de demander à Nova de démarrer une machine virtuelle supplémentaire en cas de charge importante de façon automatique.

Ceilometer

Ceilometer est le composant de facturation d'OpenStack. Il permet de calculer la consommation (CPU, RAM, données, etc) de chaque client (utile pour créer un cloud public)

Trove

Trove est le composant de provisionnement de bases de données d'OpenStack. Il prend en charge MySQL, PostgreSQL, MongoDB. Depuis kilo, il prend par ailleurs en charge Vertica et Vertica Cluster, DB2 et CouchDB.

Sahara

Sahara est le composant pour le Big Data d'OpenStack. Il permet d'utiliser Hadoop avec OpenStack.

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Loi de finances 2016 en France : des nouvelles du front

Jeudi 4 Février

La loi de finances 2016 en France dispose d’un article 88 qui vise à réglementer le secteur des logiciels d’encaissement.

Citons-en la partie essentielle :

Lorsqu'elle enregistre les règlements de ses clients au moyen d'un logiciel de comptabilité ou de gestion ou d'un système de caisse, utiliser un logiciel ou un système satisfaisant à des conditions d'inaltérabilité, de sécurisation, de conservation et d'archivage des données en vue du contrôle de l'administration fiscale, attestées par un certificat délivré par un organisme accrédité dans les conditions prévues à l'article L. 115-28 du code de la consommation ou par une attestation individuelle de l'éditeur, conforme à un modèle fixé par l'administration

Alerté au début de l’été 2015, votre humble serviteur a entamé depuis octobre 2015 une action vis à vis de cet article potentiellement nuisible au logiciel libre et qui entrerait en vigueur le 1er janvier 2018.

La coordination principale a lieu sur la liste comptabilite@ de l’April, liste ouverte à tous sans besoin d’adhésion à l’association.

TL;DR

On a été reçus par Infocert, organisme de certification, et le gouvernement. On a reçu une écoute attentive. Les problèmes que nous soulevons ont été reconnus comme vrais.
Le front est situé autour de la liberté de modification et de la notion d’éditeur d’un logiciel communautaire.

Aucun engagement concret n’a cependant été pris.

Où en étions-nous ?

La dernière fois que je me suis exprimé en ce lieu, la loi n’était pas votée. Je n’avais rencontré personne, l’action se cantonnant à des contacts téléphoniques avec le cabinet du secrétaire d’État au budget.
Beaucoup des conclusions présentes dans les commentaires, renforcées par des échanges sur la liste comptabilité se sont avérés.

Accélération et préparation

Alerté par du remous sur les Internets, le gouvernement a pris contact. Un échange rapide a conclu à un engagement de rencontre en janvier, engagement qui s’est réalisé.
Je suis également rentré en contact avec Infocert, seul organisme proposant une certification en rapport à cette loi.
Il y a eu 2 rencontres fin janvier.

Une intervention dans l’écho des gnous, émission FM sur radio Campus Lille, avait mobilisé la communauté.
Les échanges sur comptabilite@ mais, surprenant que ce soit, également sur LinuxFr.org, ont été productifs.
Un article sur Numerama a donné de la visibilité au sujet, produisant des retours.

Je me suis mis en rapport avec l’April qui, mixé aux analyses juridiques de l’avocate de Scil (éditeur du logiciel Pastèque), a été indispensable sur le plan juridique et politique.

Rencontre avec Infocert

Infocert confirme : la norme Logiciel de gestion et d’encaissement a précédé la loi.

Infocert reconnaît qu’en l’état, les sujets du logiciel libre, du cloud et des tablettes (dans cet ordre) sont à creuser. Infocert a indiqué que la certification serait revue aux lumières des précisions apportées par le gouvernement autour de la loi.

Infocert invite les acteurs du monde libre à rejoindre son « Club Access » (ce n’est pas gratuit) afin de débattre du sujet.

Rencontre avec le gouvernement

L’équipe de l’April et moi-même avons été reçus au ministère des finances. Les participants du côté de l’État soulignent a minima une considération sérieuse pour le sujet.

Nous venions avec 3 points principaux et des sujets connexes.

Les trois points principaux :

  1. Protection des éditeurs de logiciels libres en cas de dévoiement du logiciel par un utilisateur. A priori ce point est déjà assuré par plusieurs principes juridiques. Pour résumer, un constructeur de vélos ne sera jamais mis en cause pour un problème lié aux bricolages d’une personne sur son vélo.
  2. Protection du droit à modifier un logiciel : la loi ne doit pas empêcher un utilisateur d’apporter des modifications à un logiciel, y compris aux sections concernant les données. Nous avons émis des propositions, elles ont été prises en note.
  3. Proposition de télé-transmission des données en temps réels (déclarations TVA, signatures comptables) : cela a été repoussé à après la mise en œuvre de la loi actuelle. Ce point est une manœuvre pour réduire la complexité de la vérification de l’intégrité des données locales dans un environnement logiciel totalement ouvert.

Les sujet connexes :

  • Définition de la notion d’éditeur de logiciel. Rien n’existe dans la loi à ce propos, cela a été reconnu. Ce point est pourtant plein de conséquences pour les projets libres communautaires et, mais on s’en fout, pour les SI propriétaires complexes avec plusieurs intervenants.
  • Question du e-commerce : est-il concerné ? Si oui, la masse de personnes concernées serait énorme.
  • Retour sur la loi de 2013 de lutte contre la fraude qui contient des dispositions récusées par l’April.
  • Retour sur le rejet de la priorité au logiciel libre.

Nous n’avons pas abordé la question de la conservation de données privées. Nous passerons le sujet à la Quadrature du Net quand cette dernière aura un peu plus d’air ; l’état d’urgence est toujours l’actualité.

Le gouvernement lancera prochainement une consultation dans le but de clarifier tous les points flous de la loi d’ici au mois de juin 2016. Nous l’avons invité à le faire en ligne.

Piste bonus

Nous en sommes restés coi : un de nos interlocuteurs, inspecteur général des impôts, nous a dit avoir lu les commentaires de la dépêche LinuxFr.org précédente.

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saloon : débuter simplement une application web avec erlang et angular

Jeudi 4 Février
Le problème des piles pour applications web

Si vous avez déjà cherché à développer une appli web moderne, vous avez déjà dû vous heurter à la question de choisir les bons composants parmi la foultitude de ceux existants… et surtout les faire fonctionner.

Premièrement, quand je parle d'applis web modernes, il faut savoir qu'elles partagent en général cette architecture :

  • un serveur HTTP,
  • un cadriciel pour exposer des API REST,
  • un cadriciel JavaScript pour la partie frontend: il consomme les API REST et met en forme les données en HTML,
  • un système de construction (build), ou plutôt des, la partie serveur et la partie frontend utilisant en général un système différent.

Bref, il fait fonctionner tout cela ensemble, vérifier les incompatibilités, etc.

Les générateurs d'applications yeoman

Le projet yeoman vise à fournir des générateurs d'applications qui intègrent des piles complètes et prêtes à l'emploi dans le domaine des applis web. Même si le projet est issu de la communauté node.js, on peut aisément écrire des générateurs pour n'importe quelle techno.

saloon, faites entrer le cowboy

Le générateur saloon (licence Apache v2) est un générateur yeoman pour débuter simplement une application web avec erlang et angular.

Il intègre les composants suivants:

  • partie serveur:
  • partie frontend:
    • bootstrap pour des composants graphiques pas trop moches,
    • angular.js, le cadriciel bien connu pour faire des applis web dynamiques,
    • Sass pour faciliter l'écriture de CSS,
  • intégration / construction: un projet généré avec saloon est construit avec make et intègre:
    • pour la partie serveur: erlang.mk, l'excellent Makefile pour erlang,
    • pour la partie javascript:
    • Bower pour les dépendances javascript,
    • Grunt pour la partie javascript qui a besoin d'être construite.
Comment se lancer ?

Il vous suffit de lancer yo saloon dans un répertoire vide, puis de lancer make. Vous avez alors une appli prête à l'emploi que vous pouvez modifier / étendre comme bon vous semble. Mais toutes les bases sont là et fonctionnelles.

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